LE GESTE
Ton geste, qui jetait des roses, est éternel comme la vie, qui s^'anime et se multiplie au gré de cent métamorphoses.
Ton mouvement, paisible et nu, dispensateur d^ombre ou de gloire, est plus lointain que la mémoire, et va finir dans Tabsolu.
Le vol des roses que tu jettes
s'est posé, calme et tour à tour, sur le triomphe, sur Tamour, sur la mort et sur la défaite.
Le rythme de ton bras levé suscite, évoque et prophétise ; et rend la beauté qu^on méprise à notre siècle réprouvé.
Etjefaime, en dépit des choses, ailleurs, plus loin que toi, plus haut, pour avoir compris, comme il faut, ton geste qui jetait des roses.