‹ Chansons captivesChapitre 5 sur 12 · LE GESTE · texte numérisé non relu

LE GESTE

Ton geste, qui jetait des roses, est éternel comme la vie, qui s^'anime et se multiplie au gré de cent métamorphoses.

Ton mouvement, paisible et nu, dispensateur d^ombre ou de gloire, est plus lointain que la mémoire, et va finir dans Tabsolu.

Le vol des roses que tu jettes

s'est posé, calme et tour à tour, sur le triomphe, sur Tamour, sur la mort et sur la défaite.

Le rythme de ton bras levé suscite, évoque et prophétise ; et rend la beauté qu^on méprise à notre siècle réprouvé.

Etjefaime, en dépit des choses, ailleurs, plus loin que toi, plus haut, pour avoir compris, comme il faut, ton geste qui jetait des roses.

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