BERCEUSE
Au vicomte Esâoulmrd.
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Chansons chhnériqiies
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Du nimbe enchan - te
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Berceuse 29
Pour reposer tes sens, j'ai conjuré Morphce
D'auréoler ton corps d'anéantissement,
Et j'ai prié ta sœur, la souveraine fée.
De parer tes esprits du nimbe « Enchantement ».
Et voici que le dieu, cédant à ma prière, Te jette inanimée en le nid de mes bras, Et que sous mon baiser ne s'ouvre ta paupière Et que le mot « aimer » ne te réveille pas !
Pour ne point te troubler ma voix se fait plus douce, Ma caresse plus sobre en mon geste aftaibli, Et je veille sur toi cependant que te pousse Le souffle du sommeil sur l'océan d'oubli !
Ne pas se souvenir est souvent une joie ! L'heure de la douleur sonne si fréquemment, Q,u'il est bon, par instants, de déserter la voie Que le soleil d'amour n'embrase qu'un moment!
Livre-toi donc, amie, au caprice des songes Qui pour toi vont ouvrir leurs Edens enchantés : Car ici-bas, vois-tu, mensonges pour mensonges, Les rêves sont plus doux que les réalités !
Reproduction autorisée par G. ONDET, éditeur, 83, faubourg Saint-Denis, Paris. — Prix : pour chant seul, o fr. 35; avec accompagnement de piano, i fr. 35.