‹ Chansons choisies de BérangerChapitre 107 sur 227 · MAUDIT PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MAUDIT PRINTEMPS

Je la voyais de ma fenêtre A la sienne tout cet hiver :

Nous nous aimions sans nous connaître ; Nos baisers se croisaient dans l'air.

Entre ces tilleuls sans feuillage, 5

Nous regarder comblait nos jours.

Aux arbres tu rends leur ombrage ; Maudit printemps ! reviendras-tu toujours?

Il se perd dans leur voûte obscure, Cet ange éclatant qui là-bas 10

M'apparut, jetant la pâture Aux oiseaux un jour de frimas :

Ils l'appelaient, et leur manège Devint le signal des amours.

Non, rien d'aussi beau que la neige ! 1 5

Maudit printemps! reviendras-tu toujours:

Sans toi je la verrais encore, Lorsqu'elle s'arrache au repos, Fraîche comme on nous peint l'Aurore Du Jour entr'ouvrant les rideaux. 20

Le soir encor je pourrais dire :

Mon étoile achève son cours ; Elle s'endort, sa lampe expire.

Maudit printemps! reviendras-tu toujour^ r

C'est l'hiver que mon cœur implore : 25

Ah ! je voudrais qu'on entendît Tinter sur la vitre sonore Le grésil léger qui bondit.

Que me fait tout ton vieil empire, Tes fleurs, tes zéphyrs, tes longs jours? 30 Je ne la verrai plus sourire.

Maudit printemps ! reviendras-tu toujours r

PSARA ou

Chant de Victoire des Ottomans.

Nous triomphons ! Allah ! gloire au prophète i

Sur ce rocher plantons nos étendards.

Ses défenseurs, illustrant leur défaite.

En vain sur eux font crouler ses remparts.

Nous triomphons, et le sabre terrible

Va de la croix punir les attentats.

Exterminons une race invincible ;

Les rois chrétiens ne la vengeront pas.

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