‹ Chansons choisiesChapitre 100 sur 155 · DITHYRAMBE · texte numérisé non relu

DITHYRAMBE

Air: Je commence à m' apercevoir, etc.

J'entonne sur les troubadours

Un chant dithyrambique.

Coulez, vers longs, moyens et courts.

Moraus sommeille:

Qu'on le réveille; Gai farfadet, qu'il rie à notre oreille. Laissons, malgré maux et douleurs, L'espérance essuyer nos pleurs.

Lisette, apporte et du vin et des fleurs.

Narguant des lois sévères, Troubadours el trouvères, Au nez des rois, vidaient gatment leurs verres.

Toi, doux rimeur, que la beauté Mène par la lisière.

Unis parfois le lierre Aux roses de la volupté.

Coupe remplie Par la Tolie Met en gatlé femme tendre et jolie, ta colombe d'Anacréon, Dans la coupe de ce barbon, Buvait d'un vin père de la chanson.

Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères.

Au nez des rois, vidaient gaimenl leurs verres.

Toi qui fais de religion Parade à chaque rime; Qui sur la double cime Fais grimper la procession, Ta musc en masque Est lourde et flasque; Mais qu'un tendron le tire par la basque : Tu lui souris; et le bon vin, Pour toi ne vieillit pas en vain, Beau joueur d'orgue au service divin.

Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères, Au nez des rois, vidaient gaîment leurs verres.

Toi qui prends Boileau pour psautier, Du joug je le délie:

Veux-tu, près de ïhalie.

De Regnard êire liiérilier?

De celte musc Parfois abuse ; Enivre-la; Molière est ton excuse.

Elle naquit sur un tonneau :

Pour lui rendre un éclat nouveau, Puise la joie au fond de son berceau.

Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères, Au nez des rois, vidaient gaîment leurs verres.

Du romantisme jeune appui, Descends de les nuages; Tes torrents, tes orages Ceignent ton front d'un pâle ennui.

Mon camarade, Tiens, bois rasade; ^

C'est un julep pour ton cerveau malade. Entre naître et mourir, hélas!

Puisqu'on ne fait que quelques pas, On peut aller de travers ici-bas. • Narguant des lois sévères.

Troubadours et trouvères, Au nez des rois, vidaient gaîment leurs Terres.

Oui, trouvères et troubadours

Sablaient force Champagne.

Mais je bats la campagne:

L'ode et le vin font de ces tours.

Le ciel nous dote D'une marotte Tour à tour grave, et quinteuse et falotte. Le soleil s'est levé joyeux, Le front barbouillé de vin vieux, Ah! tout poète est le jouet des dieux. Narguant des lois sévères, Troubadours et trouvères.

Au nei des rois, vidaient gaîment leurs verres.

lies SSselaveis Giaiilois.

Page 1