‹ Chansons choisiesChapitre 109 sur 155 · LE GRENIER · texte numérisé non relu

LE GRENIER

A table un jour, jour de grande richesse, De mes amis les voix brillaient en chœur. Quand jusqu'ici monte un cri d'allégresse: ,,A Marengo Bonaparte est vainqueur!" Le canon gronde.... Un autre chant commence; Nous célébrons tant de faits éclatants!

Les rois jamais n'envahiront la France. Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!

Quittons Ce toit, où ma raison s'enivre. Oh! qu'ils sont loin, ces jours si regrettés! J'échangerais ce qu'il me reste à vivre Contre un des mois qu'ici Dieu m'a comptés. Pour rêver gloire, amour, plaisir, folie, Pour dissiper sa vie en peu d'instants. D'un long espoir pour la voir embellie, Dans un grenier qu'on est bien à vingt ans!

lia Métempsycose.

Air du vaudeville de la Robe et des Bottes; ou de la République.

Grand partisan de la Métempsycose,

En philosophe, hier, sur l'oreiller.

De mes penchants pour connaître, la cause,

J'ai mis mon ame en train de babiller.

Elle m'a dit: Tu me dois un beau cierge.

Car sans mon souffle au néant tu restais;

Mais jusqu'à toi je n'arrivai point vierge.

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— Ah! mon arae, je m'en doulais, .

Je m'en doulais, je m'en doutais, i

Je m'en souviens; oui, dit-elle, humble lierre,

J'ai couronné jadis des fronts joyeux.

Puis, échauffanl plus subtile matière,

Petit oiseau, je saluai les cieux.

Dans le bocage, auprès des pastourelles,

Je voltigeais, je sautais, je chantais.

L'indépendance agrandissait mes ailes.

— Ah! mon ame. je m'en doutais, Je m'en doulais, je m'en doutais.

Je fus Médor, des chiens le plus habile, Qui d'un aveugle unique et sûr appui, Entre ses dents sut prendre une sébile. Guider son maître et mendier pour lui.

Utile au pauvre, au riche sachant plaire, Pour nourrir l'un, chez l'autre je quêtais. J'ai fait du bien, puisque j'en ai fait faire.

— Ah ! mon ame, je m'en doutais, Je m'en doutais, je m'en doutais.

Puis j'animai la beauté d'une fille.

Que j'étais bien dans ma douce prison!

niais de mon gîte on s'empare, on le pille;

Tous les amours y mettent garnison.

En vrais soudars ils y faisaient esclandre.

Et, jour et nuit, au coin que j'habitais,

A la maison je voyais le feu prendre.

- Ah! mon ame, je m'en doutais, Je m'en doutais, je m'en doutais.

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