WATERLOO
Périsse enfin le géant des batailles I
Disaient les rois: peuples, accourez tous.
La Liberté sonne ses funérailles:
Par vous sauvés, nous régnerons par vous!
Le géant lonabe, et ces nains sans mémoire
A l'esclavage ont voué l'univers.
Des deux colés ce jour trompa la Gloire.
Son nom jamais n'attristera mes vers.
Mais, quoi! déj<\ les hommes d'un autre âge De ma douleur se demandent l'objet.
Que leur importe en effet ce naufrage?
Sur le torrent leur berceau surnageait.
Qu'ils soient heureux! leur astre qui se lève Du jour funeste efface le revers.
Mais dût ce jour n'être plus qu'un vain rêve, Son nom jamais n'attristera mes vers.
Venez, enfants; que sur vos fronts je lise l'n avenir de gloire et de bonheur.
Vous vaincrez, oui, votre œil le prophéiise. Croissez, enfanis, croissez pour notre honneur. Tant qu'à ce jour où d'yn sanglant orage Le ciel sur nous fit pleuvoir les revers, Tant qu'à ce jour nous devrons un nuage. Son nom jamais n'attristera mes vers.
194 LES ^'èGRES.
Nos gens poussent des rires fous; L'homme est infidèle à ses peines.
Bons esclaves, amusez-vous.
Le diable vient; l'ange rebelle Leur plaîi, surtout par sa couleur.
Il emporte Poliobinelle; Autre accroc fait à la douleur.
Ci'tie fin charme l'auditoire:
Un noir a triomphé pour tous.
Ces pauvres gens rêvent \à gloire.
Bons esclaves, amusez-vous.
Ainsi, voguant vers l'Amériqne, Où s'aggraveront leurs deslins.
De leur humeur mélancolique, Ils sont tirés par des pantins.
Tout roi que la peur désenivre Nous prodigue aussi les joujoux.
N'allez pas vous lasser de vivre: BoDS esclaves, amusez-vous.
l(es SouTeBilrg du Feuple<
Air: Passez votre cheniîn, beau sire.
On parlera de sa gloire Sous le chaume bien long-Umps:
L'humble inii, dans cinquante anf, Ne connaîtra plus d'autre histoire.