BOSSOIR
Oui, qu'un tombeau témoigne de nos larmes. Assistez-moi , vous pour qui j'ai chanté Paix et concorde, au bruit sanglant des armes, Et sous le joug, espoir et liberté:
Payez mes chants, doux à votre mémoire* Je tends la main au plus humble denier. De Manuel pour consacrer la gloire, Prêtez secours au pauvre chansonnier.
Bonsoir.
COUPLETS A S. LAISKEY, IMPRIMEUR A PÉROÎ?NE *).
Air de la République.
Mon cher Laisney, trinquons, trinquons encore A nos beaux jours promptcment écoulés. Comme ils sont loin les feux de notre aurore I Que de plaisirs avec eux envolés!
Slais de regrets faut-il qu'on se repaisse? Non ; la gaîté nourrit encor l'espoir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.
') C'est dans son imprimerie que je fus mis en apprf'niissage. iN'iiwmt pu p.trvcnir .'i m'enst-igner roriho-Taphe , il "me fil prendra goût à la po»»sie, me donna des leçons de versiGcaiion, et corrigea mes premiers ess'ais.
^S BONfOIR.
Cinquante hivers ont passé sur ta tête; J'ai de bien près cheminé sur tes pas. Mais ces hivers ont eu leurs jours de fêle. Tout ne fut point aquilons et frimas.
Aurions-nous mieux employé la jeunesse, Vécu moins vite avec ua riche avoir?
Won vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.
Dans r«rt des vers, c'est toi qui fus mon maître; Je t'elfaçai sans te rendre jaloux.
Si les seuls fruits que pour nous Dieu fit naître Sont des chansons, ces fruits sont assez doux; Dans nos refrains que le passé renaisse, L'illusion nous rendra son miroir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse. Souhaitons nous un gai bonsoir.
Reposons-nous, car les Amours, sans doute, Pour qui jadis nous avons tant marché, Nous crîràient tous, s'ils nous trouvaient en route, Allez dormir, le soleil est couché.
Mais l'amilié, l'ombre fût-elle épaisse.
Vient allumer nos lampes pour y voir.
Mon vieil ami, quand pour nous le jour baisse, Souhaitons-nous un gai bonsoir.