LA COMÈTE DE
N'e^t-on pas las d'ambitions vulgaires, De sols parés, de pompeux sobriquets.
D'abus, d'erreurs, de rapines, de guerres, De laquais rois, de peuples de laquais? N'est-on pas las de tous nos dieux de plaire; Vers l'avenir las de tourner les yeux?
Ah! c'en est trop pour si petit théâtre. Finissons-en, le monde est assez vieux.
Les jeunes gens me disent: Tout chemine; A petit bruit chacun lime ses fers.
La presse éclaire, et le gaz illuniine, Et la vapeur vole aplanir les mers.
Vingt ans, au plus, bon homme, attends encore; L'œuf éclora sous un rayon des cieux.
Trente ans, amis, j'ai cru le voir éclore; Finissons-en, le monde est assez vieux.
Bien autrement je parlais, quand la vie Gonflait mon cœur et de joie et d'amour. Terre, disais-je, ahl jamais ne dévie Du cercle heureux où Dieu sema le jour. Mais je vieillis, la beauté me rejette, Ma voix s'éteint; plus de concerts joyeux; Arrive donc, implacable comète.
Finissons-en, le monde est assez vieux.
218 lE FBU DU PRISONNIER.
lie Feu du Prisonnier*
(La Force, 1320.)
Air du vaudeville de Taconnet.
Combien le feu lient douce compagnie
Au prisonnier, dans les longs soirs d'hiver!
Seul avec moi se chauCfe un bon Génie,
Qui parle haui, rime ou chanie un vieux air.
Il rae fait voir, ^ur la braise animée.
Des bois, des mers, un monde en peu d'instants.
Tout mon ennui s'envoie à la fumée.
0 bon Génie, amusez-moi long-temps.
Jeune, il me fil rêver, pleurer, sourire; Vieux, il me bercé avec mes premiers jeux. Du doigt, dans l'âlre, il signale un navire: Je vois trois mais sur des flots orageux. Le vaisseau vogue, et bientôt l'équipage Sous un beau ciel saluera le printemps. Moi seul je reste enchaîné sur la plage. 0 bon Génie, amusez-moi long-temps.
Ici, que vois-je! est-ce un aigle qui vole El du soleil mesure la hauteur?
C'est un ballon: voici la banderole, El la nacelle et le navigateur.
L'audacieux, si la piiié l'inspire, Doit de ces murs plaindre les habitanlg. Libre l8 haut, quel air pur il respire 1 0 bon Génie, amusez-moi loDg-tempf.