LE 14 JUILLET
,,La Liberté, rebelle antique et sainte, ,,Mon fils, s'armant des fers de nos aïeux, ,,A son triomphe appelle en cette enceinte „L'Égalilé qui redescend des cieux.
,,De ces deux sœurs la foudre gronde et brille: ,, C'est Mirabeau tonnant contre la cour. „Sa voix nous crie: Encore une Bastille ! „lJn beau soleil a fêté ce grand jour^
„0ù nous semons chaque peuple moissonne: „Déjà vingt rois, au bruit de nos débats, «Portent, tremblants, la main à leur couronne, ,,Et leurs sujets de nous parlent tout bas. „Des droits de l'homme, ici, l'ère féconde „S'ouvre et du globe accomplira le tour. ,,Sur ces débris Dieu crée un nouveau monde. ,,Un beau soleil a fêlé ce grand jour."
De ces leçons, qu'un vieillard m'a données, Le souvenir dans mon cœur sommeillait; Mais je revois, après quarante années.
Sous les verrous, le quatorze juillet. , O Liberté, ma voix qu'on veut proscrire, Redit ta gloire aux murs de ce séjour. A mes barreaux l'Aurore vient sourire; Un beau soleil fête encor ce grand jour.
222 «OM TovesAU.
Mon Tombeau*
Air d'Aristippe.
Moi bien portant, quoi ! vous pensez d'avance A m'ériger une tombe à grands frais!
Souise! anjis; point de folle dépense.
Laissez aux grands le faste des regrets. Avec le prix ou du roaibre ou du cuivre, Pour un gueux mort habit cent fois trop beau, FaitPS achat d'un vin qui pousse à vivre; Buvons gaîmenl l'argent de mon tombeau.
A votre bourse un galant mausolée Pourrait couler vingt raille francs et plus. Sous le ciel pur d'une riche vallée.
Allons six mois vivre en joyeux reclus. Concerts et bals où la beauté convie, Vont de plaisir nous meubler un château. Je veux risquer de trop aimer la vie; Mangeons gaîmenl l'argent de mon tombeau.
Mais je vieillis, et ma maîtresse est jeune. Or il lui faut des parures de prix.
L'éclat du luxe adoucit un long jeûne; Témoin Longcbatnps où brille tout Parii. Vous devez bien quelque chose à ma belle; D'un cachemire elle attend le cadeau.
En viager sur un cœur si fidèle, Plaçons gaîmenl l'argenl de mou tombeau.