‹ Chansons choisiesChapitre 131 sur 155 · BOX TOMBEAU · texte numérisé non relu

BOX TOMBEAU

Non, mes amis, aa spectacle des ombres

Je ne veux point d'une loge d'honneur.

Voyez ce pauvre, au leini pâle, aux yeux sombres;

Près de mourir, ah ! qu'il goûte au bonheur.

A ce vieillard qui, las de sa besace,

Doit avant moi voir lever le rideau,

Pour qu'au parterre il me garde une place,

Donnons gaîmeni 1 argent de mon tambeau.

Qu'importe à moi, que mon nom sur !a pierre Soit déchiffré par un futur savant?

Et quant aux fieurs qu'on promet à ma bière, Mieux vaut, je crois, les respirer vivant. Postérité, qui peux bien ne pas naître, A me chercher n'use point ton (lambeau. Sage mortel, j'ai su par la fenêtre Jeter gatmeol l'argent de mon tombeau.

lie Juif Erraiit.

Air du chasseur rouge d'Âmédée de Beauplan.

Chrétien, au voyageur souffrant Tends un verre d'eau sur la porte.

Je suis, je suis le Juif errant.

Qu'un tourbillon toujours emporte.

Sans vieillir accablé de jours, ha Bn du monde est mon seul ré?©.

Chaque soir j'espère toujours; Jttais toujours le soleil se lève.

224 I-B JUIF ERRAKT.

Toujours, toujours.

Tourne la terre où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Depuis dix-liuit siècles, hélas!

Sur la cendre grecque et romaine, Sur les débris de mille états, L'affreux tourbillon me promène.

J'ai vu sans fruil germer le bien, Vu des calamités fécondes; Et pour suivre au monde ancien, Des ilols j'ai vu sortir deux mondes.

Toujours, toujours, Tourne la terre où moi je cours.

Toujours, toujours, toujours, toujours.

Dieu m'a changé pour me punir :

A tout ce qui meurt je m'attache.

Mais du toit prêt à me bénir Le tourbillon soudain m'arrache.

Plus d'un pauvre vient implorer Le denier que je puis répandre.

Qui n'a pas le temps de serrer La main qu'en passant j'aime à tendre.

Toujours, toujours.

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Seul, au pied d'àrbusles en fleurs, « Sur le gazon, au bord de l'onde.

Si je repose mes douleurs, J'entends le tourbiliou qui grenat.

LE JUIF ERRAMT. 225

Eh! qu'importe au ciel irrité Cet instant passé sous l'ombrage?

Faut-il moins que l'éternité Pour délasser d'un le! voyage?

Toujours, toujours, Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Que des enfants vifs et joyeux Des miens me retracent l'imaîre; Si j'en veux repaître mes yeux.

Le tourbillon souffle avec rage.

Vieillards, osez-vous à tout prix M'envier ma longue carrière?

Ces enfants à qui je souris.

Mon pied balaîra leur poussière.

Toujours, toujours.

Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

Des murs où je suis né. jadis Rctrouvé-je encor quelque trace.

Pour m'arréler je m,e roidis ; Mais le tourbillon me dit: „Passe!

„Passe!" et la voix me crie aussi :

,, Reste debout qu^nd tout succombe.

„Tes aïeux ne t'ont point ici „Gardé de p'ace dans leur tombe."

Toujours, toujours, Tourne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, toujours.

226 t'A FILLE DU PBDPLB.

J'ouirageai d'un rire inhumain

L'Iionime-dieu respirant à peine

Mais sous mes pieds fuil le chemin.

Adieu, le lourbillon m'enlraîne.

Vous qui manquez de charité, Tremblez à mon supplice étrange.

Ce n'est point sa divinité, C'est l'humanité que Dieu venge.

Toujours , toujours, Toorne la terre où moi je cours, Toujours, toujours, toujours, loujoarf.

lia Fille du Peuple.

Air d'Arhtippe.

Fille du peuple, au chantre populaire

De ion printemps tu prodigues les fleurs.

Dès ton berceau tu lui dois ce salaire:

Ses premiers chants calmaient tes premiers pleurs.

Va, ne crains pas que baronne ou marquise

Veuille à me plaire user ses beaux atours.

Ma muse et moi nous portons pour devise:

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quand, jeune encor, j'errnis sans renommée. D'anciens châteaux s'offraient-ils à mes yeux, Point n'invoquais, à la porte fermée.

Pour m'iniroduire, un nain ipyslérieux.

LA FILLB DU PBUPLB, 227

Je me disais: Tendresse et poésie Oni fui ces murs, chers aux vieux troubadours. Fondons ailleurs mon droit de bourgeoisie; Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Fi des salons où l'ennui qui se berce Baille eniouré d'un luxe éblouissant!

Feu d'ariifice éteint par une averse.

Quand vient la joie, elle y meurt en naissant. En souliers fins, chapeau frais, robe blanche. Tu veux aux champs courir tous les huit jours: Viens ; tu me rends les plaisirs du dimanche. Je suis du peuple ainsi que mes amours.

Quelle beauté, simple dame ou princesse, A plus que loi de décence et d'aUraiis? Possède un cœur plus riche de jeunesse, Des yeux plus doux et de plus nobles traits? Le peuple enfin s'est fait une mémoire: J'ai pour ses droite luiié contre deux Cours; Il le devait au chantre de sa gloire.

Je suis du peuple ainsi que mes amours.

lie Cordon, sll tous plnit.

CHANSON FAITE A LA rOKCB, POUR LA FETE D ?. îl ARIE.

Air du taudeville des Scythes et des Amamnes, Allons aux champs fêler Marie ; Bàlons-nous. le plaisir m'attend.

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