LA NOSTALGIE
La fièvre court triste et froide en mes veines; A vos désirs cependant j'obéis.
Ces bals charmants où les femmes sont reines. J'y meurs, hélas! j'ai le mal du pays. En vain l'étude a poli mon langage; Vos arts en vain ont ébloui mes yeux.
Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village.
Et ses dimanches si joyeux!
Avec raison vous méprisez nos veilles.
Nos vieux récits et nos chants si grossiers. De la féerie égalant les merveilles', Votre Opéra confondrait nos sorciers.
Au saint des saints le ciel, rendant hommage, De vos concerts doit emprunter les sons. Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village.
Et sa veillée et ses chansons !
Nos toits obscurs, notre église qui croule, M'ont à moi-même inspiré des dédairfs.
Des monuments j'admire ici la foule ; Surtout ce Louvre et ses pompeux jardins. Palais magique, on dirait un mirage Que le soleil colore à son coucher.
Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village, Et ses chaumes et son clocher!
Convertissez le sauvage idolâtre; Près de mourir, il retourne à ses dieux. Là-bas, mon chien m'attend auprès de l'âtre; Ma mère en pleurs repense à nos adieux.
243 LA NOSTALGIB.
J'ai vu cent fois l'avanche et l'orale, L'ours ei les loups fondre sur mes brebis. Ah! rendez-moi, rendez-moi mon village, El la houletle et le pain bis!
Qa'eniends-je, ô ciel! pour moi rempli d'alarmes: ,,Pars, diiez-vous, demain pars au réveil. „C'esl l'air natal qui séchera tes larmes; ,,Va refleurir à ion premier soleil." Adieu, Paris, doux el brillanl rivage, Où l'étranger reste comme enchaîné.
Ah! je revois, je revois mon village, El la montagne où je suis né!
lies Contrebandiers.
(chanson adressée a m. JOSEPH BERNARD, DÉPUTI
DU VAR, AUTEUR DU BON SR>S d'uN HOMME