‹ Chansons choisiesChapitre 143 sur 155 · COLIBRI · texte numérisé non relu

COLIBRI

Du Pérou, de Golconde M'apporier, dans nos ports,

Les trésors.

Mais , non ; point d'opulenci, Quand un peuple en silènes Souffre et meurt sans abri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri !

Je puis voir

Son pouvoir Me donner des couronne»; Des palais à colonnes, Des gardes et l'amour

D'une Cour.

Mais, non ; j'en sais l'bisloir»; Le monde , à tant de gloire, De douleur pousse uu cri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri!

Demandons

Pour seuls dons, Simple loil, portes closes; Des chants, du vin , des roses, Et la paix d'un reclus.

Rien de plus Mon paradis s'arrange, Dieux! et l'oiseau se change En piquant houri.

Baisez-moi, Colibri,

Colibri.

tES FBCX FOLLETS. 261

li©» Fe^?x Follets.

Air : Frtwi l'oublier, disait Colette.

0 nuit d'été, paix du village, Ciel pur, doux parfums, frais ruisseau; Vous embellissiez mon berceau, Consolez-moi dans un autre âge.

Las du monde, ici je me p'ais; Tout y retrace mon enfance, Oui, tout, jusqu'à ces feux follets- Jadis leur éclat et leur danse M'auraient fait fuir à pas pressés.

J'ai peidu ma douce ignorance.

Follets, dansez, dansez, dansez.

On racontait aux longues veilles Qu'ils étaient moqueurs et méchants; Que ces feux gardaient dans nos champs Bien des trésors, bien des merveilles.

Revenants, lutins, noirs esprits, Sorciers, malignes influences, A tout croire on m'avait appris.

Je voyais des dragons immenses Sur les donjons des temps passés.

L'âge a soufllé sur mes croyances.

Follets, dansez, dansez, dansez.

Un soir, j'avais dix ans à peine, Égaré, couvert dw sueur,

Page 1