COLIBRI
Du Pérou, de Golconde M'apporier, dans nos ports,
Les trésors.
Mais , non ; point d'opulenci, Quand un peuple en silènes Souffre et meurt sans abri.
Baisez-moi, Colibri,
Colibri !
Je puis voir
Son pouvoir Me donner des couronne»; Des palais à colonnes, Des gardes et l'amour
D'une Cour.
Mais, non ; j'en sais l'bisloir»; Le monde , à tant de gloire, De douleur pousse uu cri.
Baisez-moi, Colibri,
Colibri!
Demandons
Pour seuls dons, Simple loil, portes closes; Des chants, du vin , des roses, Et la paix d'un reclus.
Rien de plus Mon paradis s'arrange, Dieux! et l'oiseau se change En piquant houri.
Baisez-moi, Colibri,
Colibri.
tES FBCX FOLLETS. 261
li©» Fe^?x Follets.
Air : Frtwi l'oublier, disait Colette.
0 nuit d'été, paix du village, Ciel pur, doux parfums, frais ruisseau; Vous embellissiez mon berceau, Consolez-moi dans un autre âge.
Las du monde, ici je me p'ais; Tout y retrace mon enfance, Oui, tout, jusqu'à ces feux follets- Jadis leur éclat et leur danse M'auraient fait fuir à pas pressés.
J'ai peidu ma douce ignorance.
Follets, dansez, dansez, dansez.
On racontait aux longues veilles Qu'ils étaient moqueurs et méchants; Que ces feux gardaient dans nos champs Bien des trésors, bien des merveilles.
Revenants, lutins, noirs esprits, Sorciers, malignes influences, A tout croire on m'avait appris.
Je voyais des dragons immenses Sur les donjons des temps passés.
L'âge a soufllé sur mes croyances.
Follets, dansez, dansez, dansez.
Un soir, j'avais dix ans à peine, Égaré, couvert dw sueur,