‹ Chansons choisiesChapitre 144 sur 155 · LES FEUX FOLLETS · texte numérisé non relu

LES FEUX FOLLETS

Je vois de loin celle lueur:

C'est la lampe de ma marraine.

Chez elle un gâteau m'attendant, Je cours, je cours, l'ame ravie.

Un berger me crie: „Imprudenl!

,,La lumière par toi suivie ,, Éclaire un bai de trépassés.*' Ainsi devait s'user ma vie.

Follets, dansez, dansez, dansez.

A seize ans, je vis même flamme, Sur la tombe du vieux curé; Soudain m'écriant: Je prierai, Monsieur le curé, pour voire ame ; Je m'imagine qu'il me dit:

,, Faut-il que la beauté te rende ,,Déjà rêveur, enfant maudit!" Ce soir-là, tant ma peur fut grande, Je crus à des cieux courroucés.

Pariez encore et que j'entende.

Follets, dansez, dansez, dansez.

Quand j'aimai Rose au cœur candide, Un peu d'or eût comblé nos vœux.

Levant moi passe un de ces feux:

Vers des trésors qu'il soit mon guide.

J'ose le suivre, mais, hélas!

Dans l'étang que ce ruisseau creuse.

Je tombe, et je ne péris pas!

A-t-il ri de ta chute affreuse?

Disent encor des insensés.

HATONS-NOUS. 253

Non, mais sans moi Rose est heureuse.

Follels, dansez, dansez, dansez.

De mille erreurs l'ame affranchie.

Me voiià Aieux avant le lemps.

A'apeurs qui brillez peu d'instants.

Voyez-vous ma tête blanchie?

Des sages m'ont ouvert les yeux; Mais j'admirais bien plus l'aurore Quand je connaissais moins les cieux.

Du savoir le flambeau dévore Les sylphes qui nous ont bercés.

Ah ! je voudrais vous craindre encore, Follets, dansez, dansez, dansez.

Hâtons-nous.

(Février iftSl )

Air: Ah! si madame me voyait.

Ah! si j'étais jeune et vaillant, Vrai hussard, je courrais le monde:

Retroussant ma moustache blonde, Sous un uniforme brillant.

Le sabre au poing et bataillant.

Va, mon coursier, vole en Pologne; Arrachons un peuple au trépas.

Que nos poltrons en aient vergogne.

Hàtons-nous ! l'honneur est là-bas.

254 HATOKS-KOCS.

Si j'élais jeune, assurément J'aurais maîtresse jeune el belle.

"Vite, en croupe, mademoiselle!

Imitez le beau dévoùment Des femmes de ce peuple aimant.

Vendez vos parures; oui, toutes.

En charpie emportons vos draps.

De son sang sauvez quelques gouttes.

HâtoDS-DousI l'honneur est là-bas.

Bien plus, si j'avais des millions, J'irais dire aux braves Sarmdtes:

Achetons quelques diplomates, Beaucoup de poudre, el rbabilloot; Vos héroïques bataillo is.

L'Europe, qui marrhe à béquilles, Riche, goutteuse, ne croit pas A la venu sous des guenilles.

Hàtons-nous! 1 honneur est là-bas.

Pour eux, si j'étais roi puissant, Combien je ferais plus encore!

Mes vaisseaux, du Sund au Bosphore, Iraient réveiller le Croissant, Des Suédois réchauffer le sang; Criant: Pologne, on te seconde!

Un long sceptre au bout d'un bon bras Peut atteindre aux bornes du monde, Hàtons-nousl l'honneur est là-bas.

Si j'étais un jour, un seul jour, Le Dieu que Ja Poioimp imntnre,

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