PONIATOWSKI
„Rien qu'une main? maiheur à qui l'implore! ,, Passons, passons! s'arrêter! et pour qui?" Pour un héros que le fleuve dévore ; Blessé trois fois, c'est Poniatowski.
Qu'importe! on fuit. La frayeur rend barbare. A pas un cœur son cri n'est arrivé.
De son coursier le torrent le sépare:
„Rien qu'une main. Français, je suis sauvé !"
Il va périr! non, il lutte, il surnage;
II se rattache aux longs crins du coursier.
„Mourir noyé, dit-il, lorsqu'au rivage
„ J'entends le feu, je vois luire l'acier!
,, Frères, à moi! vous vantiez ma vaillance.
„Je vous chéris; mon sang l'a bien prouvé.
„Ah ! qu'il m'en reste à verser pour la France!
„Rien qu'une main, Français , je suis sauvé !"
Point de secours ! et sa main défaillante Lâche son guide. Adieu, Pologne, adieu! Mais un doux rêve, une image brillante l Dans son esprit descend du sein de Dieu. ,,Que vois-je? enfin l'aigle blanc se réveille*). ,,Vole, combat, de sang russe abreuvé.
„Un chant de gloire éclate à mon oreille.. „Rlen qu'une main, Français, je suis sauvé!"
Point de secours! il n'est p^lus, et la rive Voit l'ennemi camper dans ses roseaux.
*) L'aigle de la Pologne est blanc. Les czars l'a vaient réuni à l'aigle de Hussie dans leur écusson.