LK VIEUX VAGABOND
J'aurais pu voler, moi, pauvre homme; Mais non: mieux vaut tendre la main.
Au plus, j'ai dérobé la pomme •
Qui mûrit au bord du chemin.
Vingt fois pourtant on me verrouille Dans les cachots, de par le roi.
De mon seul bien on me dépouille.
Vieux vagabond, le soleil est à moi.
Le pauvre a-t-il une patrie?
Que me font vos vins et vos blés, Votre gloire et voire industrie, El vos orateurs assemblés?
Dans vos murs ouverts à ses armes.
Lorsque l'étranger s'engraissait, Comme un sol j'ai versé des larmes.
Vieux vagabond, sa main me nourrissait.
Comme un insecte fait pour nuire.
Hommes, que ne m'écrasiez-vous?
Ah ! plutôt vous deviez minstruire A travailler au bien de tous.
Mis à l'abri du vent contraire, Le ver fût devenu fourmi ; Je vous aurais chéris en frère.
Vieux vagabond, je meurs votre eanemi.
264 C0UPLBT8.
Couplets.
ADRESSÉS A DES HABITANTS DE l'ILE-DE-FRANCB (île MAURICE), QUI, LORS DE l'BNVOI Qu'iLS FIRENT POUR LA SOUSCRIPTION DES BLESSÉS DE JUILLET, m'adressèrent UNE CHANSON ET UNE BALLE DE CAFÉ.
Air : Tendres échos, errants dans ces talions.
Quoi! vos échos redisent nos chansons!
Bons Mauriciens, ils sont Français encore!
A travers flots, tempêtes et moussons,
Leur voix me vient d'où vient pour nous l'aurore.
De tant d'échos résonnant jusqu'à nous,
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
Mes chants joyeux de jeunesse et d'amour
Ont donc aussi fait un si long voyage.
Loin de vos bords leur bruit voie à son tour,
Et me revient quand je suis vieux et sage.
De tant d'échos résonnant jusqu'à nous,
Les plus lointains nous semblent les plus doux.
On m'a conté qu'au bord du Gange assis,
Des exilés, gais enfants de la Seine,
A mes chansons, là, berçaient leurs soucis.
Qu'ainsi ma muse endorme votre peine !
De tant d'échos résonnant jusqu'à nous.
Les plus lointains nous semblent les plus doux.