MA VOCATION
Le char de l'opulence M'éclabousse en passant ; J'éprouve l'insolence Du riche et du puissant ; De leur morgue tranchante Rien ne nous garantit.
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!
D'une vie incertaine Ayant eu de l'effroi, Je rampe sous la chaîne Du plus modique emploi.
La liberté m'enchante, Mais j'ai grand appétit.
Le bon Dieu me dit: Chante, Chante, pauvre petit !
L'Amour, dans ma détresse.
Daigna me consoler; Mais avec la jeunesse Je le vois s'envoler.
Près de beauté touchante Mon cœur en vain pâtit.
Le bon Dieu me dit : Chante, Chante, pauvre petit!
Chanter, ou je m'abuse, Est ma tâche ici-bas.
Tous ceux qu'ainsi j'amuse Ne m'aimeroDt-ils pas ?
LR VILAIN.
Quand un cercle m'eDchaoïe, Quand le vin diverlit, Le bon Dieu me dit: Chante, Chante, pauvre petit î
lie Tllaln.
Air de IMnon chez madame de Sévigné.
Hé quoi ! j'apprends que l'on critiqu©
Le de qui précède mon nom !
Êles-vous de noblesse antique?
3Ioi, noble? oh! vraiment, messieurs, non.
Non, d'aucune chevalerie
Je n'ai le brevet sur vélin:
Je ne sais qu'aimer ma patrie.
Je suis vilain et très-vilain,
Je suis vilain.
Vilain, vilain.
Ah 1 sans un de j'aurais dû naître ;
Car, dans mon sang si j'ai bien lu,
Jadis mes aïeux ont d'un maître
Maudit le pouvoir absolu.
Ce pouvoir, sur sa vieille base.
Étant la meule du moulin,
Ils étaient le grain qu'elle écrase.
Je suis vilain et très-vilain,