LB VILAIN
Je suis vilain, Vilain, vilain.
Mes aïeux, jamais dans leurs l^rres, N'ont vexé des serfs indigents ; Jamais leurs nobles cimeterres Dans les bois n'ont fait peur aux gens, Aucun d'eux, las de sa campagne, Ne fut transformé par Merlin En chambellan de... Charlemagne.
Je suis vilain et très-vilain,
Je suis vilain.
Vilain, vilain.
Jamais aux discordes civiles Mes braves aïeux n'ont pris part ; De l'Anglais aucun dans nos villes N'introduisit le léopard; Et quand l'Église, par sa brigue, Poussait l'état vers son déclin, Aucun d'eux n'a signé la Ligue.
Je suis vilain et Irès-vilain,
Je suis vilain.
Vilain, vilain.
Laissez-moi donc sous ma bannière, Vous, messieurs, qui, le nez au vent, Nobles par votre boutonnière, Encensez tout soleil levant.
J'honore une race commune.
Car sensible, quoique malin,
48 LB VIBUX MÉNÉTRIER.
Je n'ai flSiUé que l'infortune.
H suis vilain et très-vilain,
Je suis vilain,
Vilain, vilain.
lie VleasL IVIénétrier.
(Novembre 1815.)
Air : Cest un lanla, landerirette.
Je ne suis qu'un vieux bonhomme.
Ménétrier du hameau ;
Mais pour sage on me renomme,
El je bois mon vin sans eau.
Autour de moi sous l'ombrage
Accourez vous délasser.
Eh! Ion Ion la, gens de village.
Sous mon vieux chêne il faut danser.
Oui, dansez sous mon vieux chêne, C'est l'arbre du cabaret.
Au bon temps toujours la haine Sous ses rameaux expirait.
Combien de fois son feuillage Vit nos aïeux s'embrasser !
Eh ! Ion Ion la, gens de village, 8oas mon vieux chêne il faut danser.
Du château plaignez le mattre, Quoiqu'il soit votre seigneur ;
LE VIEUX aÉNÉTRIER. 49- ■
Il doit du calme champêtre *
Vous envier le bonheur. "
Triste, au fond d'un équipage.
Quand là-bas il va passer.
Eh! Ion Ion la, gens de village, Sous mon vieux chêne il faut danser.
Loin de maudire à l'église
Celui qui vit sans curé.
Priez que Dieu fertilise
Son grain, sa vigne, son pré.
Au plaisir s'il rend hommage,
Qu'il vienne ici l'encenser.
Eh! Ion Ion la, gens de village, Sous mon vieux chêne il faut danser.
Quand d'une faible charmille
Votre héritage est fermé.
Ne portez plus la faucille
Au champ qu'un autre a semé.
Mais sûrs que cet héritage
A vos fils devra passer.
Eh! Ion Ion la, gens de village, Sous mon vieux chêne il faut danser.
Quand la paix répand son baume
Sur les maux qu'on endura,
N'exilez point de son chaume
L'aveugle qui s'égara.
Rappelant après l'orage
Ceux qu'il a pu disperser.
Eh! Ion Ion la, gens de village.
Sous mon vieux chêne il faut danser.
jO LHâ OISEAUX.
Écouler donc le bonhomme :
Sous son cbène accourez tous.
De pardonner je vous somme :
Mes enfants, embrassez-vous.
Pour voir ainsi, d'âge en âge.
Chez nous la paix se fixer.
Eh! Ion Ion la, gens de village, Sous mon vieux chêne il faut danser.
lies Oiseaux.