‹ Chansons choisiesChapitre 39 sur 155 · MON HABIT · texte numérisé non relu

MON HABIT

Je me souviens, car j'ai bonne mémoir».

Do premier jour où je te mis ; C'était ma fête, et pour comble de gloire

Tu fus chanté par mes amis.

Ton indigence, qui m'honore,

Ne m'a point banni de leurs bras :

Tous ils sont prêts à nous fêter encore ; Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

A ton revers j'admire une reprise;

C'est encore un doux souvenir.

Feignant un soir de fuir la tendre Lise,

Je sens sa main me retenir.

On te déchire, et cet outrage

Auprès d'elle enchaîne mes pas.

Lisette a mis deux jours à tant d'ouvrage; Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

T'ai-je imprégné des flots de musc et d'ambre

Qu'un fat exhale en se mirant?

M'a-t-on jamais vu dans une antichambre

T'exposer aux mépris d'un grand?

Pour des rubans la France entière

Fut en proie à de longs débats; La fleur des champs brille h la boutonnière; Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

Ne crains pins tant ces jours de courses vaincs,

Oîi notre destin fut pareil ; Ces jours mêlés de plaisirs et de peines.

Mêlés de pluie et de soleil.

LE VIN BT lA COQUETTE. 61

Je dois bientôt, îî me le semble,

Mettre pour jamais habit bas.

Attends on peu: nous finirons ensemble; Mon vieil ami, ne nous séparons pas.

lie \^in et la Coq«iette«

Air : Je vais bientôt quitter l'empire.

Amis, il est une coquette Dont je redoute ici les yeux.

Que sa vanité, qui me guette, Me trouve toujours plus joyeux.

C'est au vin de rendre impossible Le triomphe qu'elle espérait.

Ah! cachons bien que mon cœur est sensible La coquette en abuserait.

Faut-il qu'elle soit si charmante!

Ah! de mon cœur prenez pitié!

Chantez la liqueur écumante Que verse en riant l'Amitié.

Enlacez le lierre paisihie Sur mon front qui me trahirait.

Ah! cachons bien que mon cœur est sensible; La coquette en abuserait.

Poursuivons de nos épigrammes Ce sexe que j'ai trop aimé.

Achevons d'éteindre les flammes Du flambeau qui m'a consumé.

L INDSPBNDAÎ<T.

Que Bacchus, toujours invincible, Ole à l'Amour son dernier Irait.

Ah! cachons bien que mon cœur est sensible: La coquette en abuserait.

Mais l'Amour pressa-t-il la grappe D'où nous vient ce jus enivrant?

J'aime encor, mon verre m'échappe; Je ne ris plus qu'en soupirant.

Pour fuir ce charme irrésistible, Trop d'ivresse enchaîne mes pas.

Ah! vous voyez que mon cœur est sensible: Coquette, n'en abusez pas.

li'Indépendant.

Respectez mon indépendance, Esclaves de la vanité, C'est à l'ombre de l'indigence Que j'ai trouvé la liberté: [bis.) Jugez, aux chants qu'elle m'inspire, Quel est sur moi soi ascendant, (bis.) Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis: Je suis indépendant.

Je suis, je suis indépendant.

Oui, je suis un pauvre sauvage Errant dans la société ; Et pour repousser l'esclavage.

Je n'ai qu'an arc et ma galté.

L'iHDÉPBSnANT. 68

Mes traits sont ceux de la satire:

Je les lance en me défendant, Lisette seule a le droit de sourire ()uand je lui dis : Je suis indépendant,

Je suis, je suis indépendant.

Chacun rit des flatteurs du Louvre,

Valets, en tout temps prosternés,

Dans cette auberge qui ne s'ouvre

Que pour l'es passants couronnés.

On lit du fou qui sur sa Ivre

Cbante à la porte en demandant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis: Je suis indépendant,

Je suis, je suis indépendant.

Toute puissance est une gène:

Oh! d'un roi que je plains l'ennui l

C'est le conducteur de la chaîne;

Ses captifs sont plus gais que lui.

Dominer ne peut me séduire;

J'offre l'amour pour répondant.

Lisette seule a le droit de sourire Quand je lui dis: Je suis indépendant,

Je suis, je suis indépendant

En paix avec ma destinée, Gaiment je poursuis mon chemin; Riche du pain de la journée.

Et de l'espoir du lendemain.

Chaque soir, au lit qui m'attire, Piea me conduit sans accident.

LA BONNB VIEaLR,

Liseile seule a le droii de sourire Quand je lui dis: Je suis indépendant.

Je suis, je suis indépendant.

Mais quoi! je vois Lisette ornée De ses attraits les plus puissants, Qui des chaînes de l'hyménée Veut charger mes bras caressants.

Voilà comme on perd un empire!

Non, non, point d'hymen imprudent.

Que toujours Lise ail le droit de sourire Quand je dirai : Je suis indépendant.

Je suis, je suis indépendant.

lia Bonne Vieille.

Air (le Wilhem ; on Muse des bois et des accords champêtres.

Vous vieillirez, ô ma belle maîtresse; Vous vieillirez, et je ne serai plus.

Pour moi le temps semble, dans sa vitesse. Compter deux fois les jours que j'ai perdu». Survivez-moi ; mais que l'âge pénible Vous trouve encor fidèle à mes leçons; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.

Lorsque les yeux chercheront sous vos ridei Les traits charmants qui m'auront inspiré,

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