LA BONNE VIEILLE
Des doux récits les jeunes gens avides Diront: Quel fui cet ami tant pleuré?
De mon amour, peignez, s'il est possible, L*ardeur, l'ivresse, et même les soupçons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.
On vous dira : Savait-il être aimable ? Et sans rougir vous direz: Je l'aimais. D'un trait méchant se monlra-t-il capable? Avec orgueil vous répondrez: Jamais.
Ah! dites bien qu'amoureux et sensible D'an luth joyeux il attendrit les sons; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible, De votre ami répétez les chansons.
Vous, que j'appris à pleurer sur la France, Dites surtout aux fils des nouveaux preux, Que j'ai chanté la gloire et l'espérance Pour consoler mon pays malheureux.
Rappelez-leur que l'aquilon terrible De nos lauriers a détruit vingt moissons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.
Objet chéri, quand mon renom futile De vos vieux ans charmera les douleurs ; A mon portrait, quand votre main débile, Chaque printemps, suspendra quelques flears, Levez les yeux vers ce monde invisible
66 COUPLETBS A BA FILLEULE.
OÙ pour toujours nous nous réunissons ; Et bonne vieille, au coin d'un feu paisible. De votre ami répétez les chansons.
Couplets à ma Filleule,
AGÉB DB TROIS UOIS, LE JOUR DE SON BAPlâMB.
Air: J'étais bon chasseur autrefois.
Ma filleule, où diable a-t-on pris Le pauvre parrain qu'on vous donne?
Ce choix seul excite vos cris; De bon cœur je vous le pardonne.
Point de bonbons à ce repas :
A vos yeux cela doit me nuire ; Mais, mon enfant, ne pleurez pas, Votre parrain vous fera rire.
L'amitié m'en fait l'honneur,
Et c'est l'amitié qui vous nomme.
Or, pour n'être pas grand seigneur,
Je n'en suis pas moins honnête homme.
Des cadeaux si vous faites cas.
Vous y trouverez à redire;
Mais, mon enfant, ne pleurez pas.
Votre parrain vous fera rire.
Malgré le sort qui sons sa loi Tient la vertu même asservie. Puissions-nous, ma commère €l moi.
Vous porter bonheur dans la vie !
l'exilé. 67
Pendant leur voyage Ici-bas, Aux bons cœurs rien ne devrait nuire; Mais, mon enfant, ne pleurez pas, Voire parrain vous fera rire.
Qu'à vos noces je chanterai.
Si jusque-là mes chansons plaisent!
Mais peut-élre alors je serai Où Panard et Collé se taisent.
Quoi ! manquer aux joyeux ébats' Qu'un pareil jour devra produire!
Non, mon enfant, ne pleurez pas.
Votre parrain vous fera rire.
(Janvier 1817.)
Air: Ermite, bon Ermite.
A d'aimables compagnes Une jeune beauté Disait: Dans nos campagnes Règne l'humanité.
Un étranger s'avance, Qui parmi nous errant, Redemande la France Qu'il chante en soupirant.
D'une terre chérie C'est un fils désolé. .
L BXILB.
Rendons une patrie.
Une patrie
Aa pauvre exilé.
Près d'un ruisseau rapide Vers la France entraîné, II s'assied, l'œil humide.
Et le front incliné.
Dans les champs qu'il regrette Il sait qu'en peu de jours Ces flots que rien n'arrt'le Vont promener leur cours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Quand sa mère, peut-être.
Implorant son retour.
Tombe aux genoux d'un maître Que touche son amour.
Trahi par la victoire, Ce proscrit, dans nos bois.
Inquiet de sa gloire, Fuit la haine des rois.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre. exilé.
l'exilé. 69
De rivage en rivage Que sert de le bannir?
Partout de son courage Il trouve un souvenir.
Sur nos bords, par la guerre Tant de fois envahis, Son sang même a naguère Coulé pour son pays.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une pairie, Une pairie Au pauvre exilé.
Dans nos destins contraires, On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos frères Vaincus et prisonniers.
De ces temps de conquêtes Rappelons-lui le cours; Qu'il trouve ici des fêtes.
Et surtout des amours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Si notre accueil le tonche, Si, par nous abrité, Il s'endort sur la couche De l'hospitalité,
70 LA PJJTITR FÉB.
Que par nos voix légères Ce Français réveillé, Sous le toit de ses pères Croie avoir sommeillé.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie.
Une patrie Au pauvre exilé.
lia Petite Fée.
Air: Cest le meilleur homme du monde.
Enfants, il était une fois Une fée appelée Urgande, Grande à peine de quatre doigts. Mais de bonté vraiment bien grande.
De sa baguette un on deux coups Donnaient félicité parfaite.
Ah! bonne fée, enseignez-nous Où vous cachez votre baguette !
Dans une conque de saphir,
De huit papillons attelée,
EMe passait comme un zéphyr,
El la terre était consolée.
Les raisins mûrissaient plus doux.
Chaque moisson était .complète.