LES ROSSIGNOLS
Oui, d'âge en âge une palme féconde
Doit de tes fils protéger les tombeaux.
Que près du mien, telle est mon espérance,
Pour la patrie admirant mon amour.
Le voyageur répète un jour:
Honneur aux enfants de la France!
lies Rossignols.
Air : Cest à maii maître en Vart de plaire,
La nuit a ralenti les heures :
Le sommeil s'étend sur Paris.
Charmez l'écbo de nos demeures, Éveillez-vous, oiseaux chéris.
Dans ces instants où le cœur pense, Heureux qui peut rentrer en soi !
De la nuit j'aime le silence : Doux rossignols, chantez pour moi.
Doux chantres de l'amour fidèle, De Phryné fuyez le séjour:
Phryné rend chaque nuit nouvelle Complice d'un nouvel amour.
En vain des baisers sans ivresse Ont scellé des serments sans foi ; Je crois encore à la tendresse:
Doux rossignols, chantez pour moi.
Pour vous il n'est point de Zoïle; Mais croyez-vous par vos accords
102 LBâ ROSSIGNOLS.
Toucher l'avare au cœur stérile, Qui compte à présent ses trésors?
Quand la nuit, favorable aux ruses.
Pour son or le remplit d'e£Froi, Ma pauvreté sourit aux Muses.
Doux rossignols, chantez pour moi.
Vous qui redoutez l'esclavage, Ah! refusez vos tendres airs A ces nobles qui, d'âge en âge, Pour en donner portent des fers.
Tandis qu'ils veillent en silence.
Debout, auprès du lit d'un roi, C'est la liberté que j'encense.
Doux rossignols, chantez pour moi.
Mais votre voix devient plus vive ; Non, vous n'aimez pas les méchants.
Du printemps le parfum m'arrive Avec la douceur de vos chants.
La nature, plus belle encore.
Dans mon cœur va graver sa loi.
J'attends le réveil de l'aurore:
Doux rossignols, chantez pour moi.
lies £toiles qui Filent,
(Août 1820.)
Air du ballet des Pierrots.
Berger, tu dis que notre étoile Règle nos jours et brille aux cieax.