LE CINQ MAI
Peut-être il dort, ce boulet invincible Qui fracassa vingt trônes à la fois.
Ne peut-il pas, se relevant terrible, Aller mourir sur la tête des rois?
Ah! ce rocher repousse l'espérance:
L'aigle n'est plus dans le secret des dieux. Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.
Il fatiguait la Victoire à le suivre; Elle était lasse: il ne l'attendit pas. Trahi deux fois, ce grand homme a su vivre; Mais quels serpents enveloppent ses pas! De tout laurier un poison est l'essence ; La mort couronne un front victorieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d'un fils me fermera les yeux.
Dès qu'on signale une nef vagabonde, „Serait-ce lui? disent les potentats:
„Vient-il encor redemander le monde!
,,Armons soudain deux millions de soldats/' Et lui, peut-être, accablé de souffrance, A la patrie adresse ses adieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France:
La maio d'an fils me fermera les yeux.
Grand de génie et grand de caractère.
Pourquoi du sceptre arma-t-il son orgueil ? Bien au-dessus des trônes de la terre, li apparaît brillant sur cet écueil.