LE CHANT DU COSAQUE
J'ai d'un géant vu le fantôme immense.
Sur nos bivouacs fixer un œil ardent.
Il s'écriait: Mon règne recommence!
Et de sa hache il montrait l'Occident.
Du roi des Huns c'était l'ombre immortelle:
Fils d'Allila, j'obéis à sa voix.
Hennis d'orgueil, ô mon coursier fidèle,
Et foule aux pieds les peuples et les rois.
Tout cet éclat dont l'Europe est si fière, Tout ce savoir qui ne la défend pas, S'engloutira dans les flots de poussière Qu'autour de moi vont soulever tes pas. Efface, efface, en ta course nouvelle.
Temples, palais, mœurs, souvenirs et lois. Hennis d'orgueil, ô mon coursier fidèle. Et foule aux pieds les peuples et les rois.
lies Hirondelles*
Air de la romance de Joseph.
Captif au rivage du Maure, Un Guerrier, courbé sous ses fers, Disait: Je vous revois encore, Oiseaux^ennemis des hivers.
Hirondelles, que l'espérance Suit jusqu'en ces brûlanls. climats.
Sans doute vous quittez la France:
De mon pays ne me parlez -vous pas?
150 LBS HIRONDELLES.
Depuis trois ans je vous conjure De m'apporter un souvenir Du valion, où ma vie obscure Se berçait d'un doux avenir.
Au détour d'une eau qui chemine A flots purs, sous de frais lilas.
Vous avez vu notre chaumine; De ce vallon ne me parlez -vous pas?
L'une de vous peut-être est née Au toit où j'ai reçu le jour; Là d'une mère infortunée Vous avez dû plaindre l'amour.
Mourante, elle croit à toute heure Entendre le bruit de mes pas; Elle écoute, et puis elle.pleure.
De son amour ne me parlez-vous pas?
Ma sœur est-elle mariée?
Avez-vous vu de nos garçons La fouie, aux noces conviée, La célébrer dans leurs chansons?
Et ces compagnons du jeune âge Qui m'ont suivi dans les combats, Ont-ils revu tous le village ?
De tant d'amis ne me parlez-vous pas?
Sur leurs corps l'étranger, peut-être Du vallon reprend le chemin; Sous mon chaume il commande en matlre; De ma sœur il trouble l'hymen.