‹ Chansons cruellesChapitre 10 sur 37 · DERNIER MADRIGAL · texte numérisé non relu

DERNIER MADRIGAL

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Dernier madrigal 59

Le poème de votre corps Est composé de traits splendides; Mais, j'en ai tant vu les décors, Qu'ils me paraissent insipides.

A vouloir trop le feuilleter, J'en pris une haine maudite, Vite, allons, sans nous détester, Séparons-nous : la messe est dite!

Vos seins : j'en connais les contours, Et votre chair est sans mystère.

N'a plus d'inattendus détours; ■ Vos yeux n'ont plus de caractère, Vos reins ne peuvent se cabrer.

Et votre bouche, si petite.

Ne sait plus me faire vibrer :

Séparons-nous : la messe est dite !

6o Chansons cruelles

Votre esprit me semble alourdi,

Et ridicules vos œillades,

Le babillage m'étourdit.

Vos paroles d'amour sont fades,

Je trouve absurde et hors de lieu

Votre jalousie insolite.

Enfin, vous m'ennuyez... adieu,

Séparons-nous : la messe est dite!

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