‹ Chansons cruellesChapitre 9 sur 37 · ÎE3E · texte numérisé non relu

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Quand je partis avec ma mie, Ma vieille mère a tant pleuré, Que sous sa paupière endormie, La nuit, toujours, a demeuré.

Alors, ma mie éblouissante, A l'œil énervant de houri, M'a dit, de sa voix caressante :

« Je veux te voir rire »... Et j'ai ri.

Et ma mère, a joint, suppliante,

Ses deux mains qui m'avaient bercé,

Priant, comme une mendiante,

Et j'en avais le cœur percé.

Mais ma mie, eut dans ses doigts roses,

Comme un geste impatienté,

Et, sur son front, deux plis moroses.

Elle dit : « Chante! »... Et j'ai chanté

Sujétion s 3

Et, maman mourut de sa peine,

Et mourut, en me pardonnant :

La mort suspendit son haleine,

Sur un sourire ra3^onnant;

Mais, le soir qu'elle fut en terre,

Ma mie, au regard insensé,

M'étreignit, comme une panthère,

Et me dit : « Danse! »... Et j'ai dansé!

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