‹ Chansons cruellesChapitre 19 sur 37 · FIER TÉ · texte numérisé non relu

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Puisque tu m'as pris pour amant, Afin de chatouiller tes vices, Il faut, jusqu'au dernier moment, Subir désormais mes caprices.

Je suis un misérable gueux, Un vagabond, un pauvre hère; Mais, j'ai des appétits fougueux, Ma chère.

Je passais, sifflant ma chanson.

L'œil vif et le cœur point morose Il paraît qu'il plut, le pinson, Et la cage était en chair rose; Mais, puisque tu voulus donner Un déjeuner, de bonne chère; Je m'invite pour le dîner, Ma chère.

Fierté ^ loy

Dès lors que j'ai tout possédé, Il est clair que je suis le maître.

Ta chair ayant déjà cédé, Il faudra toujours la soumettre :

J'ai deux poings durs et très nerveux Dont la caresse, peu légère, Sait démontrer ce que je veux.

Ma chère!

J'ai la peau rude et les os lourds ; Mais je n'y vois rien qui te blesse, Quoique couchant dans le velours.

Et sortant de haute noblesse.

Comme tu cueilles le passant.

Tu n'as pas le droit d'être fière :

Nous sommes nés d'un même sang, Ma chère !

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