‹ Chansons cruellesChapitre 26 sur 37 · LE RUISSEAU · texte numérisé non relu

LE RUISSEAU

% Récitatif

^f I' ^- y J' ]' tr-t\ ï- ï i' ï J I

M'a coii-tt' l'au-tre jour le ruisse. let ja

tt, ! K

.seur Auxbords or nés de joncs sau va ges

ÎP

0 po-è . te m'a - ini jfsuis le crin.f'es-

seur Desmonstru - eux li.ber - ti na - ges

^'' M ^ r r r If r ,- p p^

Du freJon ve.Jou -te sur le ae - net fleu.

f f rg

ri; Jt^- suis l'eau que boit la co loni-be

^ Larg:e

fir^j J|j.i |j. J ;'!.■ f c

Et le che-min mou - vant de la feuiLje qui

tom be Et

J ai sou

i^o Chansons douces

M'a conté, l'autre jour, le ruisselet jaseur,

Aux bords ornés de joncs sauvages :

« — O poète m'ami, je suis le confesseur « Des monstrueux libertinages

« Du frelon velouté sur le genêt fleuri;

« Je suis Teau, que boit la colombe,

« Et le chemin mouvant de la feuille qui tombe. »

— Et j'ai souri.

M'a conté, l'autre jour, le ruisselet jaseur.

Aux profondeurs de jaspe étranges :

» — Moi seul, maître des nuits, en connais la douceur, « Je mire les ailes des anges,

» Epandant leurs blancheurs au ciel dulcifié, « La lune et l'argent de ses voiles

« Et, pour moi, Dieu tissa tout l'or de ses étoiles. ))

— Je l'enviai.

Le ruisseau i=)i

M'a conté, l'autre jour, le ruisselet jaseur,

A l'onde comme une caresse :

« En passant, j'ai frôlé de mon flot amuseur

« Les pieds nacrés de ta maîtresse, « Un jour, que, dans mon sein, ils s'en allaient sans but,

« J'ai baisé sa cuisse embaumée, « Je l'ai violée : elle est à moi, ta bien-aimée. » — Et je l'ai bu.

Page 1