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Chansons douces
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Tu n'au.ras pas ma hou che
Aîimône 757
A Bob Walter
Le voyageur, au teint bruni, M'a dit : « — Si tu veux bien me suivre, Je te montrerai l'infini, Et les pays où l'on peut vivre Indolemment, sur un sofa.
En balançant une babouche. »
— Ah, ah, ah !
« Tu n'auras pas ma bouche. »
Le financier, au ventre épais, M'a dit : « — Monte dans ma voiture, Et je te mets dans un palais Tout en or, depuis la toiture Et le sol qui te soutiendra, Jusqu'aux draps mêmes de ta couche. »
— Ah, ah, ah !
(' Tu n'auras pas ma bouche. »
I5<5 Chansons douces
Le poète, aux cheveux flottants, M'a dit : « — Si tu veux me sourire, Je dirai tes cliarmes tentants Avec des stroplies de délire ; Mon vers t'immortalisera :
Est éternel ce que je touche. »
— Ah, ah, ah !
« Tu n'auras pas ma bouche. »
Le pauvre homme au masque banal M'a dit : « — Tous les jours, je les cueille, Ces fleurs au soleil matinal, Et, sous tes pieds, je les effeuille ; Car, mon crâne de paria Est rongé d'un amour farouche. »
— Ah, ah, ah !
« Tiens, prends, voilà ma bouche. »