‹ Chansons cruellesChapitre 33 sur 37 · TA PEAU · texte numérisé non relu

TA PEAU

Moltodolce

~fï^

Ta peau m'est un lac pa Je où frisson ;

se==?

nentdes cj gnesdis - crcts Et j'aime jprome .

lier souvent mesdoig-ts in di gnes, dis en dimituinut

■ traiti^

A yant peur de trou

.hier la pudeurdes in si gnes se . crets.

ig2 Chansons douces

A Henri Monnin.

Ta peau m'est un lac pâle, où frissonnent des cygnes,

Discrets, Et j'aime y promener, souvent, mes doigts indignes,

Distraits, Ayant peur de troubler la pudeur des insignes

Secrets.

Ta peau m'est un jardin, rempli de fruits qui saignent,

Pourprés :

Les uns soyeux et doux, quéles lèvres étreignent

Tout près.

Les autres humectés, comme des pleurs qui baignent

Les prés.

Ta peau igj

Ta peau cache des bois, alanguis d'un mystère

Ombreux, D'adorables recoins, où le sentier se serre,

Très creux, Des bois blonds de printemps, où votre amant s'enterre

Peureux.

Ta peau s'ouvre en palais, étincelant d'ivoire

Rosé, Où, sur un trône d'or, est le Beau dans sa gloire

Posé. C'est à genoux que j'ai sa tunique de moire,

Baisé.

Ta peau, comme une fleur souple et moite distille,

Laïs, Des parfums capiteux, dans une odeur subtile

D'iris, Des senteurs des pays, où s'endort le futile

Ibis.

ig4 Chansons douces

Je veux, avec ta peau, me construire un splendide

Tombeau, Un tombeau parfumé, discret, soyeux, candide,

Très beau.

Car ce serait un fort délicat suicide :

Ta peau !

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