‹ Chansons cruellesChapitre 36 sur 37 · LA GLOIRE DU MENSONGE · texte numérisé non relu

LA GLOIRE DU MENSONGE

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2IO Cha7isons douces

Quand vous dites que vous m'aimez, Je sais que vous mentez : qu'importe ! Vos lèvres, printemps parfumés.

Savent un philtre, qui m'emporte Loin de la banale douleur, Dans le pays doré du songe, Où fleurit la perverse fleur Du mensonge.

Vos baisers de soleil sont feints, Ainsi que l'active tendresse.

Qui fait, que moutonnent vos seins, Comme au frisson d'une caresse.

L'exquis et douloureux état.

Où votre délire me plonge, N'est que le savant résultat D'un mensonge.

La gloire du mensonge 211

Mais, qu'importe encor : la bonté De votre âme compatissante Epand sa moelleuse clarté Comme une étoile bienfaisante Dans le ciel noir de mon ennui :

Je brave le mal qui me ronge, A voir luire dans cette nuit, Un mensonge.

du'importe qu'il cause ma mort, Puisqu'il me rend douce la vie.

La mort est charme à qui s'endort :

Que fait ce dont elle est suivie.

Q.ue vos doigts, prompts à secourir.

Versent la liqueur qui prolonge; Je vous bénirai de mourir D'un mensonge.

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