‹ Chansons d'amantChapitre 5 sur 8 · LB PÈLERIN · texte numérisé non relu

LB PÈLERIN

Des arabesques des voix d'anges je tapisserai ton réveil

au profond des causes nos pas erreront

dès ton réveil non pareil, les oiseaux des rêves vivront et chanteront

sur la terre déserte, un réveil bruira des soleils

Descends le long des marches tremblotantes de mon être à tes pas adulés les parvis reconstruits dans une effiorescence des gemmes, des voix du bonheur d'être salueront le jour éternel renvoyant d'un baiser la nuit

Viens vers les horizons, les parcs d'amour, viens vers mon âvne vers ta vie nécessaire, renais à l'inéluctable destin de ton âme

Reviens à moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche des mirages de leurs visages garde le lac de mes yeux reprends-moi dans le val aux mousses quiétantes oie toujours V amoureux soulève un pan de tente et se retire peureux

Entre mes seins reviens, dans ton cortège W ombres les ombres de jadis qui 'passèrent et moururent les ombres de silence qui glissent aux nuits planes — mes épaules lésées dans tes bras las, et la nuit plane

Les meurtres de ma vie enclos-les dans tes deuils le méfait de ma beauté couvre-le d'un pan de ta nuit donne le fleuve d'oubli qui berce et s'abolit ah ! reprends-moi, sommeil, scelle-toi sur ma bouche

Et tandis que sortie pèlerin, que le château retombe dans le mutisme séculaire, LE VEILLEUR DES TOURS Chante

Delà les bois siletits, et les fleuves, et la lande mes désirs cinglent vers tes yeux énamourées, énamourées les trombes de mon cœur tournent à ton silence .par delà les soleils des soirs et les bois silents

La belle au château rêvant

Vers les verandahs où s'apaisent

les troupeaux des filles aux seins mûrs

je chercherai l'électuaire

l'élue des jours ternis, lui dire le syllabaire

des grands mots d'amour des soirs

Voici le lys flétri et la cargaison morte

et puis voici les yeux d'Hélène ou de Judith

allez les voix des mages à ses pieds blancs et dites

les profondes syllabes des crépuscules aux villes mortes

Aux tons passés des robes de brocart des frivoles années se réfugie le rêve et le site et l'Orient Fleur dévastée sous les piétons errants et qui rit comme folle aux pas du chevalier

Cependant que le jour se rigide dans les arbres

que la ville illumine ses sens aux artifices

que rigide tu vas aux lèvres de molles complices.

ÉVEiKToAILS

Les rois mages vont vers V étoile

vers la solitaire étoile

qui doit refleurir a leur parole franche

Au cours des ruisselets, comme des robes d'anges émanent des sourires bienveillants de la lune; la langueur de la longue robe de la nuit brune s' entr' ouvre pour montrer une ceinture d'anges

Harpes inconnues, parfums en émoi, colliers de baisers

comme des pas bruissants au fond sombre de halliers

les accompagnent ;

sur la mate et rase campagne

comme une aile énorme vient frôler d'une caresse de baisers

L'air est si suave a s'étendre et mourir

la caravane lente se berce de marche heureuse

et les rois se rappellent la contrée soyeuse

où dort dans des nuées et des poudres d'or et les câlinantes ,

le grand lys intangible à tout mortel

et seul autel et seul bonheur, tant inaccessible

Et l'un des rois murmure en la pâleur lactée de la nuit :

Les parois du tabernacle du soleil agonisant

pâlissent quand ses pas caressent la terrasse des palais:

les marchands des orients qui rapportent les joies elles arts plaisants

quand se baissent ses longs yeux cachent leurs trésors humiliés

On prodigue au muletier les deniers et les besants pour contempler de loin la terrasse oîi passe son aurore et les pythonisses pilent les mandragores pour les vœux inutiles des humains humiliés

Pour le seul festin de mes faims

s'ordonne le spectacle de ses pas et de ses bras

et s' étendent les pourpres sur son visage que jamais n'enténébra

la crainte d'une lassitude à mon étreinte

Un autre roi murmure au rythme de sa marche :

Depuis que son haleine a passé sur ma vie

m£S instants se parent en rosiers ravis

dont j'égrène les pétales de perpétuelles renaissances

Des lèvres de l'adorante blessure

vers le parfum de ses sourires

les perles et les baumes éclosent en abondance

Éventails 1

Perdu dans l'infini murmure d'une mer de grandes douceurs quis'épandent de toi j'éprouve les calmes rythmes de tes bonheurs à toi et dans la grotte satinée de ta bouche ma vie se mure

Et le roi nègre à mi-voix :

Mes barques ivoirières et mes arbres aux ombres d'amour et de mort

mes géantes montagnes de marbre ciselé

et mes mers hospitalières au soleil quand il dételle

et mes landes infrangibles et mes monstres et mes labours

Les esclaves qui lavent les turbans aux sources inconnues des fieuves Les mausolées d'ancêtres oit stagnèrent les douleurs de veuves Mes gazelles et les parures adamantines des ailes Qui/rolèrent mes repos près d'elles

Aux margelles des puits profonds qui s'ignorent en ses yeux inconnus je les oublierai, perdu dans un rêve de bras nus

La nuit a des douceurs de brise dans les voiles et sur les rois perdus de douceurs inconnues la blondeur de la nuit défaille en flots d'étoiles

Vers les seins pourprés de la fée de la fontaine nous apporterons captifs les calices ; aux lèvres pourprées de la fée de la fontaine les rosées captives aux prisons des calices

Entre ses doigts menus faisons rire les roses passons à son poignet des bracelets de liserons ; la pourpre de ses lèvres entrouvrira les roses pour doter leur calice de l'arôme des baisers prompts

Divine fée de la fontaine, ah, dites-nous les fleurs élues les lys blancs comme ton doux col nu les nénufars ruisselants à ton col nu

Voulez-vous plus douces des fleurs d' Hespérides qu'au soir rosissant mènent les caravelles, elles partent aux frissons premiers de vos réveiU et vers ta rade au soir viennent en flots de joie

Pour t^ ensevelir de guirlandes

courons l'horizon des landes arides

cherchons les muguets aux trous laines de soie

pleins d'herbes et d'ombres et d'éphémères joyaux de roi

Et les pas légers des fillettes en joie

s'égrènent en gazouils empruntés a la voix

que cadence aux jours élus la divefée de la fontaine

Eventails

La faune a hu les pleurs de V Or éade

De garrulantes voix dans des buissons inattendus : Vos pleurs sur le sommeil de ce cœur qui demeure et s'enclôt et qui meurt seront la bienveillance et la si douce angoisse

Vos rires, comme au passant mourant, la bouche de la Ménade qui passe pourpre aux éclatantes joies des pampres ; et des pans de peaux de fauves jouent à ses membres et vers sa bouche et la fraîcheur de la grenade et la fraîcheur de la

[framboise Maturité de vos seins, en vous penchant vers lui dans le songe indistinct de féeries vous avez lui comme claire robe de lune en opacité de nuit

Le faune a ri les joies tendres de l'Qréade

Qtmnd le roi vint à sa tour la belle vint lui dire — Ah, Roi

Ni les épouses de tes vizirs qui s' entr' ouvrent sous tes regards ni les lointaines exilées qui pleurent les forêts barbares ne décèlent les inconnus que dénouent mes bras tour à tour

Loin de toi souffrir est dur aux fleurs de l'âme l'âme pâtit d'appels inutiles et languit; ce coffret de saveurs à toi, mon corps, prends-le pour toi que tes mains bénissent mon front incliné

De la tour le roi répondit :

Ce rêve que tu vins tendre tes lèvres courtes

toutes les âmes de mon être l'attendaient en habits de fête;

pour tes lèvres et l'escorte de décors de ton rêve

les tapis sont prêts et les lampes veillent et les vœux attendent.

que tardais-tu, en rires perdus, oit dormais-tu

Quand le roi dormit sur la tour la belle triste frissonna :

Si tu ne savais pas que c'est errance et trêve le pauvre instant d'amour endormeur du remords je sais qu'il lui faut être unique et comme en rêve et je vais vers les ombres apâlies de la mort

KUIT SUn LcA LqA^DE

Tous les printemps sont revenus vers sa démarche aventurine.

Alto de la voix, cœur du regard, choral de la bouche ah quel désir encore me dure

vers cette bouche ; cœur en débris, cœur en torture quelle douleur encore te dure

vers cette bouche.

Sous les averses des soleils, les mystiques tambourins devant ses pas heureux, psalmaient annonciateurs et les bannières des nuées et les arômes de la mer et les voiles, grands lys de mer et les calmes de la mer, et les senteurs des haies, et les cortèges en ferveur préparaient les portiques à sa démarche aventurine.

Les dictâmes et les enfances

vers vous comme arondes aux ciels en fragrances vers vous sous le fouet des mémoires de votre marche vers vous voletaient et ployaient vers l'arche de vos yeux à vous.

Dans l'attente de son sourire les matins paraient les villages ; en l'attente de ton visage les coteaux vêtaient des courbes de sourires.

Et devant ta beauté sachant qu'il faut souffrir

les automnes sacraient leurs forêts de douceur

près des sources en miroir de douceur,

Et pour sauver les âmes des passants les âmes et les sens qui vont à ta ferveur les hivers avaient des calmes annonciateurs que parfois ta beauté passerait calme et sans sourire.

Nuit sur la lande

Dans l'abîme des soirs en incendies

tes larmes qui sont des armes

sont tombées sur les tombes enfouies ;

des tombes il éclot des fleurs de douleur

et les pa7'fums, des gestes de ta main

et la couleur un bienfait de ta main

et la pâleur ton geste a demain :

de ton geste a demain s'essore la douleur.

ah ton geste inclinant tes aurores.

On mourait au fond d'or des basiliques amples des tourmentes d'odeur douces s'exhalaient de tes rampes aux faîtes des tours des attentes de langueur les haltes florissaient en larges reposoirs en des gaines de velours des couteaux dormaient en tes soirs et sur Vâm£ des pierres planait un regard lourd.

Les bras de tes statues disaient : « Demain, demain attendez l'heure proche des lèvres sur nos mains le bonheur est minute et la mort est minute les tocsins de vos nerfs résonnent à la déroute la route de vos folies si simples s'éjouit vers les flacons d'espoir que tarit la minute attendez l'heure proche de tes lèvres à mes mains.

En quoi tu m'as blessée je n'en sais rien mais viens ! je suis la ligne, et l'âme, et l'heure ! et que veux-tu du rêve ou de la chair mais viens je suis la tienne et la

Pleure mes marécages muis viens à ma douleur l'éventail de tes paroles rafraîchira mes crépuscules quelle mort marmorise vos cœurs et qui recule en toi, devant l'effort perennel de mxi douleur.

mes bras de marbre te seront des coussins les paumes de mes main'i te berceront d'aumônes défaille vers les senteurs qui fleurissent a mes zones ah l'aimé, viens en joie, mes jardins sont ouverts. »

L'ombre s'amoncelle aux pâleurs sur les terrasses et fait éclore plus doux les flambeaux près des vasques oU rient comme un réveil de sa voix les panaches virants des fontaines ; la ronde des fées et des masques, d'opales génies s'accoudent à ses terrasses, des ballets dansent sur ses dalles.

Nuit sur la lande

Ta tristesse inconnue dans tes yeux, si loin dans la foule

et n'y pouvoir porter les paroles des baisers

et tes yeux mes bonheurs, soleils dans la foule

et n'y pouvoir dormir à l'ombre de tes cils et les baiser.

La magie de ta nuit brune et pâle qui demeure l

hors mes mains et ma voix et le levier de mes fois ! et ce perpétuel présent et cet hier si autrefois

en ce passé sans date oît le cercle de tes bras seul demeure, j

Et ce cher rêve de ne jamais mourir en toi et la mémoire du parfum qui ne peut s'abolir en moi oh vous, tous les instants, toutes les lignes, toutes les joies baissez vos lèvres à moi; venez dormir en moi.

Rien ne m'est plus que ta présence

et les courbes souveraines de ta face

et les poi'tiques de ta voix;

rien ne m'est plus que ton attente.

La halte inutile du temps

avant le frisson qui m'attend

et le charme de mes mains sur tes seins

rien ne m'est plus que ta présence.

De tes beaux yeux la paix descend comme un grand soir et des pans de tentes lentes descendent gemmés de pierreries tissés de rais lointains et de lunes inconnues ;

des jardins enchantés fleurissent à ma poitrine cependant que mon rêve se dot entre tes doigts, à ta voix de péri la lente incantation fleurit,

imprégné d'antérieurs parfums inconnus

mon être grisé s'apaise à ta poitrine

et mes passés s'en vont défaillir a tes doigts.

Aux terres désertes du bonheur, nous demeurerons immobiles

les regards enfouis dans nos yeux : dans Vile Vile imprévue, sans rade, sans mer et sans abords. Au temple de ton geste mes vœux annelés d'or baignés dans l'infini des yeux las de l'idole rêveront des blancheurs^ des pourpres et des hyperboles pour dire l'oraison de ton repos dans notre soir.

Nuit sur la lande

Toi qui m'as désappris la douleur sirène qui chante à la rade la meilleure je tresserai pour toi les âmes de mon âme.

Fleur de l'ardent épithalame

temple oiif aspirais du seuil de mes tentes

je te bercerai des légendes de l'attente.

Au portique de ta beauté

je suis venu chargé des toisons d'aurore

brodées loin des yeux, de toutes les flores.

J'en ferai les tapis pour ta sérénité

et si V heure chagrine attristaitvotre front

je le caresserai des aubes de ma passion.

Chansom d'amant

Des chevaliers qui sont partis dès longtemps, pour plus loin, par la vie des chevaliers qui sont partis dame, savez-vous morts ou vies?

— Ils étaient droits sous la caresse

de mes yeux leurs yeux noirs pour la vie

ils étaient fiers sous la caresse

de mes yeux leurs églises pour la vie.

— Ils partaient en douce croisade

pour longtemps, pour plus loin pour la vie ils partaient chercher V embrassade d'une mort plus fraîche que la vie.

— Des chevaliers qui sont partis

vers riies yeux^ leurs yeux noirs, pour la vie des chevaliers qui sont partis passant, savez-vous morts ou vies?

Philtre de mort et nuit sur la vie.

Nuit sur la lande

VU

Ilot des lacs au fond des bois

cœur des fleurs élargies dans les soirs

tours d'ivoire et sons de cor aux clairières des dois

divans dans l'éventail des anciens soirs.

Chœur des captives énamourées

vers l'orée, V arcade qui se dérobe au loin des pas

les bois troublés qui fuient et passent

et les allures des anciens cœurs énamourés

Et VEden attristé et les heures dans les soirs et celle qui pleurait sans douceur ni nonchaloir

Chansom d'amant

La nuit c^est Vabsence et la nuit c'est la ville

c'est les regards clairs et les blondes grèves à leur front

la nuit c'est le caprice épars de leurs sourires.

La nuit c'est la caresse lasse à l'amant las la chanson désapprise et rapprise, et reprise et des lèvres en valves qui miment et/remissent

Et le manteau qui sèche àl'âtre

et le silence aux plis d'ombre à la pénombre

et le nombre oublié qui rêvasse à la chambre

Et parfois une étoile palpite comme en tendresse; V ambre et l'ombre d'un corps revêtu pour toujours qui tressaille aux plaies mortes et doucement tenaille.

Nuit sur Ut lande

Dans des rêves clos f ai bâti mon rêve rêve de brèves sèves au jardin magique magie des fleurs closes aux rêves nostalgiques aux jardins d'été j'ai bâti mon rêve.

A ux jardins d' automne j'ai vécu mon rêve le cœur de mon rêve saignait dans les armées : ah d'ignorées par tances et de venues inconnues l'oripeau de mon rêve gisait à mes pieds nus.

A u désert d'hiver je suis mort en mon rêve essor découronné vers les brèves sèves ; au seuil du jardin, glaive emphatique et nu un sourire connu, fleuri dans les années.

Chansons d'am/tnt

J'ai mal d'amour tant violent que nul mal ne le saurait guérir.

Drapeaux qui flottiez que pensifs aux hampes couronnes qui jaillissaient que fanées aux tempes et gongs de la fête, votre silence

Etreintes qui lassiez l'heure magicienne, vous lassez voix d'aurore, et qui encore à votre murmure s'est passé étendue la voix de tes roses aux chants passés tout est lassé.

J'ai mal d'amour tant violent que nul mal ne m'en saurait guérir.

Nuit sur la lande

« Moi la bacchante et le grelot

le creux, le sonore, le falot

je sais en ta mémoire des temples à ma gloire.

Quand tu verras des yeux ce seront mes yeux et ton sommeil hanté du rêve de mes yeux les pourpres ce seront les regrets de mes lèvres les ors un écho lointain de ma voix tes joies la mémoire retrouvée de mes fièvres ta voix le bruit futile des souvenirs qui sont moi. Comme une mer du lent reflux de mes baisers

paresseuse je balancerai sur tes douleurs ma calme beauté la mémoire de mes baisers sera ta gloire et ta beauté

comme les mers qui sont mortes en mes profondeurs je t'ai gardé je ne puis plus V aimer — car tu n'aimas que moi. »

Comme un faible plant des prof ondeurs du mystère aux confins des dunes grises sous l'obscure caresse de brises

énonçant mMl comme une douleur d'ères

la pauvre face pâle lentement s' élève.

Dans l'horizon aux couchants apaisés aux pâlissements d'ultimes escarboucles des vacillements derrière des brocarts transfigurés defeux calmes pâle la face stagne souffrante.

Sur la face inoubliable

les rires dès longtemps passés

les sourires aussi les pleurs ;

c'était le refrain désolé

des peupliers au paysage morne des douleurs

sur cette face, qui

Nuit sur la lande

Elle rC était ni sombre ni claire ni 'proche ni reculée c'était très loin, très près, comme unmiroir, comme un écho une vibrance plus qu'une face

un blanc halo triste autour d'un regard fixe en des passés.

Ni près ni loin nul escalier comme à la terrasse d'une tour par miracle détachée voguant aux atlantiques d'un ciel d'hiver comme une barque indiscernable fixe et sans glisser comme un astre interdit la pâle face.

SOm "PcAn L<A VILLE

La rue, comme un tapis de pauvre, étend sa lenteur longue et ses fanaux

^ La rue, comme une lagune, étend

I de vagues silhouettes comme barques en désolation.

Ah, lointaines, les Afriques et les Palestines. La rue pâle s'échoue dans la brume d'Occident.

Dans quelque apparat de cloisons peintes

auprès des coupes, et parée de violettes, diaprée d'hyacinthe

comme sa voix derrière le vitrail auré resplendit.

Dans un hiver royal des pourpres et des ors de l'âtre

dans un apparat de règnes au théâtre

et devant tant et qui, son masque mobile resplendit.

Pâle efflorescence de sèves

mémoires des drapeaux d'adolescence.

Dans la grise désolation des grands murs par la courbe monotone de la rue plate dans la tristesse et le gel liquide de la rue plate mémoires en triste effiorescence vous rêvez les automnes mûrs.

Ces passants sont éphémères en la minute et l'éternité qu'importent leurs pas arrêtés et le vol bref de leurs chimères.

Soir par la ville

Le hall de fête, malgré les trèfles et les lys de lumière, le hall aux musiques lumineuses — s'endort en murmures une canzone de temps lointains — le hall de fête est désolé malgré les présences nombreuses — Sommes-nous dormants pour le lointain des temps.

Dans les brassées d'épis et les gerbes de fleurs de lumière

passe ondoyante la mascarade rayée de printemps —

Résonne à pas lourds en nous, le pas de bronze

le pas de conscience aux dursfrolis d'armures —

Dans les brassées d'épis joyeux et les tapis de fleurs lumineuses

sommes nous dormants au miroir d'anciennes années.

Pourquoi crépusculaires vos yeux de fête, jadis l'ombre des midis —

Le hall somnole de triste enchantement.

les magiciennes pleurent le départ des amants

et les muges l'irréductible ballet de vos jouvences —

Pourquoi nocturnes vos cheveux sur le front jadis éventails des midis.

Ah voici le regret des midis et des soirs frais —

Te souviens-tu, les nuits lactées sur l'eau du fleuve —

les lampes du hall en fête tremblent comme des veuves —

Ah voici les mineures des musiques de fête —

magies et magiciennes, âme du mage — ancienne journée.

Je rêvais d'un oiselet qu'un enfant cruel torturait "pour sentir palpiter ses flancs.

Je rêvais d^une terre comme maternelle avec des siestes d'ombre et desfrolis d'ailes et des allées de rêves blancs.

Je rêvais comrae d'une sœur aux lèvres uniques de douceur et belle et chaste et femme et sœur.

Soir par la ville

Tendresse, paradis doua; dans les navrances, sur mon âme tu t'accoudas et regardas si dans la troupe des cauchemars assoupis là n'était quelque fleur pure dont chérir l'enfance

Tu vis les âcretés des soupçons et puis les morts

les morts accumulées et puis des cœurs vivants

traînant languissamment leurs requêtes d'un corps

et des stigmates de douleurs et des essences de chagrins latents

Et puis la nonchalance après l'inutile départ et dans l'âme morbide et languide, nulle part la place pour poser ta tête calme et répandre au patient la bonté de ta beauté calme

Chanson d'umant

Vois éployés des migrateurs, ah vols,

vols vers quelque nulle part envolés,

envolées vers plus d'ombre et de repos sous plus d'arbres

arbres aux feuilles plus bénignes, ou plus de vols

de calmes tourterelles ou d'oiselets de rêve

se posent en repos de pattes roses vols épars dans les automnes qui séparent comme du charme d'une mort factice d'âme sans alarme sous les larmes muettes des deux plus graves en leur rêve

Vols aux muettes rapidités Gyres des mouettes autour des phares, vols répercutés au ras du sommeil des ^uers et des cathédrales des cités, vols en silence percés d'une strideur de fanfare que les vieux guides les plus blessés poussent en passant sur le front des cités oïl les douleurs de leur mémoire s' égarent.

Ah tristesse! passer et repasser.

Soir par la ville

Si par quelque ciel sous un soleil plus élargi \

les micas du soleil appesanti sur la lande \

étendent

un manteau d'oasis plus languides sur la léthargie '\

des landes en semis de pauvres tentes, , \

ail ! si quelque Floride

vers les bâtons brisés et les pas appesantis j

des voyageurs en tristesse lente ' \

mire le o^ef et des fontaines de jeunesse pour leurs rides >

il n'est qu'erreur et lumière en magie. \

Ah! tristesse j passer et repasser.

La vie d'ombre près du soleil et le sommeil en léthargie, la vie qui meurt à tout pleur et douleur qui dure un pleur, la vie d'ambre d'une heure qui fuit vers l'aride des rides, la vie vite époumonnant l'étalon sans brides Ah ! toute semblance de vivre, sur le fonds morne d'une heure éphémère, passer et repasser

Vols migrateurs, vols vers la mort, regrets de tant de lenteurs vers la dernière mort.

Sur la ligne sèche de ta leauté, j'inscris qu'harmoniques les lignes aux sections d'or dont nul ne connaît la raison d'être et dont l'effort aux incertaines manières d'être reste sans voile et sans que la requête ardente d'humain puisse connaître en quelle coupelle, de par quel dieu temporaire, en son être

Telles naquirent ces lignes, et sous les coloris de la nuit et de la nue et de l'aule, plus dignes du regard que les étoiles

et les instincts sauveurs de la vie, ces lignes dressent leur petit temple infini dans ma vie et que tel phénomène, en ma conscience, survit.

Sow par la ville

Que la lumière qui défaille en mes prunelles,

prunelles mortes d'avoir vécu sur ton reflet au puits de mon moi.

et clairvoyances déchues d'avoir entrevu les différences

entre ton être et les ambiances ; Que la lumière éclose sous le dais de ta paupière

en son éclat de fleur impersonnelle plonge Vâme qui dans mes prunelles s'en vient à sa fenêtre

comme en un songe d'un immense désir d'être et d'un regret de n'être plus.

Que tes lèvres demeurent la saveur habituelle

à mes lèvres sevrées par l'orgueil,

à mes lèvres scellées par l'oubli, et qu'à celui dont les rêves clos ne s'ouvrent plus à la vie habituelle

il n'est plus qu'un seul fruit, le dernier à qui ses enfances encore firent accueil.

Que tes joues sont l'étendue possible et la plaine où se jouent

les voluptés des doigts tactiles.

Que tes joues sont l'étoffe exquise et la chère en délices où s'émeuvent les gazes de mes lèvres que les fièvres qui seules peuvent émouvoir le corps aux ressorts trop appelés sont ces nitides plaines de chair claire et d'ambre dense, promenade hors des lèvres land-es autour des yeux domaines et transparences.

Chansons diamant

Puis, sœur qui t"^ éperdues aux joies faciles du vivre,

0 vous dont toute joie se joue dans l'apparence

et dans la joie d'être par le hasard la jouvence,

et par l'art l'émerveillement des soirs du vivre,

Parfois soit par hasard des lignes ou par souffrance

brève, et qui se résout dans le rire et le sourire,

j'ai vu sur ta face se passer la douleur

et les manteaux des rois tristes qui s'' accoudent à d'autres pôles

se posaient sur tes épaules et des regards plus profonds que les leurs adjuvaient les splendeurs

des joailleries de tes prunelles

et sur ton front comme des ailes des ailes de crépuscule en souffrance de connaissance

venaient battre au plus beau palais

leur muet cantique de désespérance.

Soir par la ville ' ]

S'il n'est rien de plus que les lignes de ton masque,

rien déplus qu'un cycle d'immémoriale beauté

Dans les architectures mobiles de ta face,

S'il n'est rien que tes lignes, et tes parfums et tes nuées.

S'il n'est que ton paysage et l'éternelle Psyché

et la halte identique aux mêmes fatigues du temps en marche,

si seule ta retraite est la crypte et V arche

et la fontaine ra^fraîchissante à l'unique vasque,

S'il n'est rien que toi-même, et tout toi, et toi seule, toi seule solitaire en un désert sans horizon et pas d'autre apparence a travers les dunes d'illusion. Ah Ifuir vers les tribus en marche.

Chansom d'amant

La rue comme un regret sans fin s'endort,

et les pas lointains s'en vont comme à regret. —

Bans l'heure en brume et sans décor

Les âmes tristes prennent le pas plus lent de la douleur et du regret.

Dans les lointains précipités les roues bruissent au plus vite, c'est plus de douleur dans un regret sans essor et personne n'est plus qui se souvienne, ni plus vile mène une joie de marche vers un divan de meilleur sort.

La rue commue une plainte oscille dans la brume, falotes les lumières en espace, et sur les places comme des déserts de cœur s' étendent et regrettent. Les pas plus lents se meurent de mémoire et de regret.

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