‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 11 sur 82 · EN REVENANT DU THEATRE DE LA R · texte numérisé non relu

EN REVENANT DU THEATRE DE LA R

SONNET

Elle ne savait pas que j'étais si près d'elle, Elle ne voyait pas mon œil qui la cherchait ; Entre nous deux sa mère assise me cachait, Imposante, à la fois rempart et sentinelle.

Mais quelquefois sa tête en avant se penchait, Par un mouvement souple et vif de tourterelle. Montrant les cils dorés, l'azur de la prunelle Ou de sa joue en fleur le printanier duvet.

Tout à coup son regard tomba sur moi, limpide. La rougeur aussitôt couvrit son front candide. Et vite elle cacha son innocent émoi.

Je ne vis plus ses yeux de toute la soirée. Mon bonheur ce jour-là fut de courte durée. Pour elle c'était trop ; cétait assez pour moi.

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