‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 12 sur 82 · AH ! VIVENT LES YEUX BLEUS · texte numérisé non relu

AH ! VIVENT LES YEUX BLEUS

Ah ! vivent les yeux bleus frères des tresses blondes, Ces yeux doux et dormants dont le regard rêveur, Profond comme le ciel et frais comme les ondes, Descend paisiblement jusques au fond du cœur.

Certes je ne hais pas les ardentes prunelles ; Dans l'azur enchâssé j'aime un diamant noir. D'où s'élancent soudain des gerbes d étincelles... Et plus d'un oiseleur m*a pris à ce miroir.

Et j'aime encor ces yeux pleins de chaude lumière. Ces beaux yeux couleur d ambre, au reflet de vermeil. Paillettes d'or brillant sous la brune paupière, Où semble se jouer un rayon de soleil.

Et les yeux verts, les yeux des fières Néréides, Entre les cils châtams jetant leur vif éclair, Tantôt sombres, tantôt ardents, tantôt limpides. Mystérieux, profonds, changeants comme la mer!

Ah ! je les aime tous ! Tous ont leur étincelle, Leur aimant invincible à captiver les coeurs ; Et tous savent parler cette langue éternelle Que Dieu fit de rayons, de sourire et de pleurs.

Mais vivent les yeux bleus, frères des tresses blondes, Ces yeux doux et rêveurs, dont le regard dormant. Profond comme le ciel et frais comme les ondes, Jusques au fond du cœur descend paisiblement.

Page 1