‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 29 sur 82 · LART DE VERIFIER LES DATES · texte numérisé non relu

LART DE VERIFIER LES DATES

Etait-ce aux jours pleins de rayons, Ou dans les mois poudrés de neige ?

L'amour se plaît aux frais vallons :

Etait-ce aux jours pleins de rayons ?

Mais souvent auprès des tisons L'amour blotti nous tend son piège :

Etait-ce aux jours pleins de rayons, Ou dans les mois poudrés de neige ?

Etait-ce en ces jours de printemps Aux sourires mouillés de larmes ?

Les coeurs alors battent aux champs ; Etait-ce en ces jours de printemps ?

Alors chacun sent ses vingt ans Renaître et lui crier : Aux armes !

Etait-ce en ces jours de printemps Aux sourires mouillés de larmes ?

Allons ! C'est moi qui le dirai.

Vous n'allez pas me contredire !

La saison, le mois, le jour vrai.

Allons ! C'est moi qui le dirai.

En traits de feu je marquerai

Mais, hélas ! je vous vois sourire.

Ce n'est pas moi qui le dirai.

Vous pourriez bien me contredire.

Mais voyez ce que j'ai gardé, Ce pâle et triste chrysanthème ; Alors vous l'avez regardé, Et, vous voyez, je l'ai gardé.

Du jour où vous m'avez grondé Et puis en pleurant dit : Je t'aime.

Vous voyez ce que j'ai gardé :

Ce pâle et triste chrysanthème.

C'était un soir de Fructidor, L'air tiède était plein de caresses.

Le sol vêtu de pourpre et d'or.

C'était un soir de Fructidor, Il me semble en sentir encor Les voluptueuses ivresses.

C'était un soir de Fructidor, L'air tiède était plein de caresses.

Notre amour n'a point éclaté Comme une fanfare joyeuse ; Comme le chant d'un jour d'été.

Notre amour n'a point éclaté.

Il n'est point né de la gaîté D'une après-midi capiteuse ; Notre amour n'a point éclaté Comme une fanfare joyeuse.

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