‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 30 sur 82 · L ART DE VERIFIER LES DATES · texte numérisé non relu

L ART DE VERIFIER LES DATES

Il n'est point né, refrain banal, Vêtu de trois phrases usées ; Entre deux valses, dans un bal, Il n'est point né, refrain banal, Froid caprice de Carnaval Qu'échangent deux âmes blasées.

Il n'est point né, refrain banal.

Vêtu de trois phrases usées.

Il est tombé com-me un fruit mûr Aux rayons que l'automne épanche.

Plein de la sève d'un cœur pur Il est tombé comme un fruit mûr.

Je l'ai vu, d'un cours lent et sûr.

Fleurir, croître, courber la branche, Et puis tomber comme un fruit mûr Aux rayons que l'automne épanche.

SONNET

Du temps de nos amours j'ai gardé la coutume De cueillir au jardin les fleurs que nous aimions. Aux champs du souvenir ensemble nous semions, J'y reviens glaner seul le cœur plein d'amertume.

C'est le grand lis neigeux dont nous nous embaumions, Le chrysanthème, ami des jours voilés de brume, La rose, qu'un rayon de l'astre-roi parfume, Ou les belles-de-nuit, pâles Endymions.

Ainsi, mêlant souvent les sourires aux larmes.

Je moissonne en ces lieux si pleins de tristes charmes,

Les fleurs et les parfums qu'y semèrent ses pas.

Mais le parfum si doux de ses lèvres mi-closes, Mais son cou frais et blanc fleuri de baisers roses. Ah ! je les cherche encore et ne les trouve pas.

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