‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 6 sur 82 · LES SILLONS D'ORGE · texte numérisé non relu

LES SILLONS D'ORGE

« Oh I les sillons d'orge et de blé ! « (Leconte de Lisle)

Vois, mignonne, comme ils s'allongent. Doux au marcher sous l'épi dor.

Les larges sillons d'orge où plongent Ta jambe fine el mon pied fort.

Comme ils étalent avec grâce La forêt de leurs épis lourds, Comme ils cachent bien notre trace.

Comme ils éteignent nos pas sourds.

Comme ils semblent pleins de mystère

Et de souriante bonté,

Ces bienfaisants fils de la terre

En leur douce hospitalité.

Leurs épis brunis qui frissonnent Sous ta robe au doux frôlement.

Semblent des flûtes d'or qui sonnent Un chœur amoureux et charmant.

Ils semblent nous dire en leur langue (La langue des prés et des bois) Une poétique harangue Qu'ils débitent à demi-voix.

Ecoute-les ; dans leur ramage Ils racontent notre destin ; Car ils sont presque de notre âge Et seront moissonnés demain.

Page 1