EXIL
Et malgré vos dédains, méchante, Loin de l'éclair de votre oeil noir, Privé de votre voix qui chante.
Même en m 'interdisant l'espoir, Privé de voir la jambe ronde Qui fuit si bien les rendez-vous ;
Suis seul au monde,
Si loin de vous.
Qu'on me rende votre air sévère.
Puisqu'il est sur un front si beau ; Votre regard qui désespère.
Puisque votre œil est mon flambeau ; Votre voix qui raille et qui fronde.
Puisque l'accent en est si doux ;
Suis seul au monde.
Si loin de vous.
Qu'on me rende, avec mon sot rôle.
Vos cruels gestes de dédain ;
Je ne verrai que votre épaule,
Je ne verrai que votre main.
Sans amitié qui m.e réponde,
Je suis, quoique triste et jaloux,
Moins seul au monde,
Auprès de vous.
Février 1880