‹ Chansons d'un passant. Introd. par Joseph AgeorgesChapitre 68 sur 82 · EXIL · texte numérisé non relu

EXIL

Et malgré vos dédains, méchante, Loin de l'éclair de votre oeil noir, Privé de votre voix qui chante.

Même en m 'interdisant l'espoir, Privé de voir la jambe ronde Qui fuit si bien les rendez-vous ;

Suis seul au monde,

Si loin de vous.

Qu'on me rende votre air sévère.

Puisqu'il est sur un front si beau ; Votre regard qui désespère.

Puisque votre œil est mon flambeau ; Votre voix qui raille et qui fronde.

Puisque l'accent en est si doux ;

Suis seul au monde.

Si loin de vous.

Qu'on me rende, avec mon sot rôle.

Vos cruels gestes de dédain ;

Je ne verrai que votre épaule,

Je ne verrai que votre main.

Sans amitié qui m.e réponde,

Je suis, quoique triste et jaloux,

Moins seul au monde,

Auprès de vous.

Février 1880

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