‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 12 sur 206 · ROGER BONTEMPS · texte numérisé non relu

ROGER BONTEMPS

Air : Ronde du camp de Grsndpré.

Aux gens atrabilaires Pour exemple donné.

En un temps de misères Roger Bontemps est né.

Tivre obscur à sa guise.

Narguer les mécontens ; Eh gai ! c'est la devise Du gros Roger Bontemps.

Du cliapean de son père, Coiffé dans les grands jours, De roses ou de lierre Le rajeunir toujours :

Mettre un manteau de bure , Vieil ami de yingt ans ; Eh gai ! c^est la parure Du gros Roger Bontemps.

Posséder dans sa hutte .

Une table , un vieux lit , Des cartes , une flûte , Un broc que Dieu remplit, Un portrait de maîtresse, Un coffre et rien dedans j Eh gai ! c'est la richesse Du gros Roger Bontemps.

Aux enfans de la yille Montrer de petits jeux ; Être un faiseur habile De contes graveleux ; Ne parler que de danse Et d'almauachs chantans; Eh gai ! c'est la science Du gros Roger Bontemps.

Faute de vin d'élite , Sabler ceux du canton; Préférer Marguerite Aux dames du grand ton ; De joie et de tendresse

Remplir tons ses instant j Eh gai ! c'est la sagesse Da grosJRoger Bontemps.

Dire an ciel : Je me fie, Hon père , à ta bonté ; De ma phûosopliie Pardonne la gaîté * Qae ma saison dernière Soit encore nn printemps ; £lt gai ! c'est la prière Da groi Roger Bontemps.

Vous , pauvres pleins d'enrie , Tous , riches désireux; Tons , dont le char déyie Après nn cours heureux ; Vous , qui perdrez peut-être Des titres éclatans, Eh gai ! prenez pour maître Le gros Roger Bontemps.

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