‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 152 sur 206 · LES ADIEUX A LA GLOIRE · texte numérisé non relu

LES ADIEUX A LA GLOIRE

(sicBiCBRB iSao.)

Air : Je commence à m'apercevoir

- Qu'il en est d' la musique. ( d'Alexis.)

Chantons le vin et la beauté :

Tout le reste est folie.

Voyez eomme on oublie Les hymnes de la liberté.

Un peuple brave Retombe esclave :

Fils d'Épicure , ouvrez-moi votre cave.

La France , qui souffre en repos , Ne veut plus que mal-à-propos J'ose en trompette ériger mes pipetux.

Adieu donc , pauvre gloire !

Désliéritons Phistoire.

Yenex ) amours, et Tersez nous à boire.

Quoi! d'indignes enfans de Mars Briguaient une livrée, Quand ma muse éplorée Recrutait pour leurs étendards ! Ah î s'il m'arrive Beauté naïve, Sous ses baisers ma voix sera captive ; Ou flattons si bien , que pour moi On exhume aussi quplque emploi ; Oui, noir ou blanc, soyons le fou dn roi. Adieu donc , pauvre gloire !

Déshéritons Thistoire.

Tenex , amours , et versez-nous i boire.

Des excès de nos ennemis

. Chaque juge est complice , Et la main de justice De soufflets accable Thémis.

Plus de satire !

N^osant médire, Pome de fleurs et ma coupe et ma lyre. J'ai trop bravé nos tribunaux ; Dans leurs dédales infernaux, J'entends Cerbère et ne vois point Mines. Adieu donc , pauvre gloire \ Déshéritons l'histoire.

Venez , amours , et versez-nous à boire.

Des tyrans par nous soudojés La faiblesse est connue :

Gulliver éternue , Et tous les nains sont foudroyés.

Mais , quelle image !

Non, plus d'orage; De nos plaisirs redoutons le naufrage : Opprimés , gémissez plus bas.

Que nous fait, dans un gai repas.

Que runiyers souffre ou ne souffre pas ? Adieu donc , ])auTre gloire !

Déshéritons Phistoirc.

Tenex, amours y et verser-nous à boire.

Du sommeil de la liberté

Les réyes sont pénibles : Devenons insensibles Pour conserver notre gaité.

Quand tout succombe , Faible colombe , Ma muse aussi sur des roses retombe.

Lasse d'imiter l'aigle altier, Elle reprend son doux métier :

Bacchus m'appelle } et je rentre an cpiartier. Adieu donc , pauvre gloire !

Déshéritons l'histoire.

Yenety amours , et versetF-nous à boire.

-♦««fi^

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