LES ADIEUX A LA GLOIRE
(sicBiCBRB iSao.)
Air : Je commence à m'apercevoir
- Qu'il en est d' la musique. ( d'Alexis.)
Chantons le vin et la beauté :
Tout le reste est folie.
Voyez eomme on oublie Les hymnes de la liberté.
Un peuple brave Retombe esclave :
Fils d'Épicure , ouvrez-moi votre cave.
La France , qui souffre en repos , Ne veut plus que mal-à-propos J'ose en trompette ériger mes pipetux.
Adieu donc , pauvre gloire !
Désliéritons Phistoire.
Yenex ) amours, et Tersez nous à boire.
Quoi! d'indignes enfans de Mars Briguaient une livrée, Quand ma muse éplorée Recrutait pour leurs étendards ! Ah î s'il m'arrive Beauté naïve, Sous ses baisers ma voix sera captive ; Ou flattons si bien , que pour moi On exhume aussi quplque emploi ; Oui, noir ou blanc, soyons le fou dn roi. Adieu donc , pauvre gloire !
Déshéritons Thistoire.
Tenex , amours , et versez-nous i boire.
Des excès de nos ennemis
. Chaque juge est complice , Et la main de justice De soufflets accable Thémis.
Plus de satire !
N^osant médire, Pome de fleurs et ma coupe et ma lyre. J'ai trop bravé nos tribunaux ; Dans leurs dédales infernaux, J'entends Cerbère et ne vois point Mines. Adieu donc , pauvre gloire \ Déshéritons l'histoire.
Venez , amours , et versez-nous à boire.
Des tyrans par nous soudojés La faiblesse est connue :
Gulliver éternue , Et tous les nains sont foudroyés.
Mais , quelle image !
Non, plus d'orage; De nos plaisirs redoutons le naufrage : Opprimés , gémissez plus bas.
Que nous fait, dans un gai repas.
Que runiyers souffre ou ne souffre pas ? Adieu donc , ])auTre gloire !
Déshéritons Phistoirc.
Tenex, amours y et verser-nous à boire.
Du sommeil de la liberté
Les réyes sont pénibles : Devenons insensibles Pour conserver notre gaité.
Quand tout succombe , Faible colombe , Ma muse aussi sur des roses retombe.
Lasse d'imiter l'aigle altier, Elle reprend son doux métier :
Bacchus m'appelle } et je rentre an cpiartier. Adieu donc , pauvre gloire !
Déshéritons l'histoire.
Yenety amours , et versetF-nous à boire.
-♦««fi^