‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 153 sur 206 · LETTRE · texte numérisé non relu

LETTRE

D^UH PETIT AOI A VN PETIT DUC.

Air : Daigaes m'épargaer le reftte.

Salut! petit cousin germain j DW lieu d^exil j^ote décrire.

La Fortune te tend la main :

Ta naissance Pa fait sourire.

Mon premier jour aussi fut beau :

Point de Français qui n^en conTienne.

Les rois m'adoraient au berceau , Et cependant je suis i Vienne !

Je fus bercé par tes faiseurs De Ters , de chansons, de poèmes :

Ils sont, comme les confiseurs, Partisans de tous les baptêmes.

Les eaux d'un flenye bien mondain Vont laver ton ame chrétienne :

On m'offrit de Peau du Jourdain , Et cependant je suis à Vienne!

Ces juges, ces pairs avilis

Qui te prédisent des merveilles ,

De mon temps juraient que les Ijs Seraient le butin des abeilles.

Parmi les nobles détracteurs De toute vertu plébéienne , Ha nourrice avait des flatteurs j Et cependant je suis i Vienne!

Sut des lauriers je me couchais ; La pourpre seule t^environne.

Des sceptres étaient mes hochets j Mon bourlet fut une couronne.

Méchant bourlet! puisqu^un faux pas Même an Saint-Père ôtait la sienne :

Mais j^avais pour moi nos prélats , Et cependant je suis i Tienne !

Quant aux maréchaux, je crois peu

Que du monde ils t^ouvrent l'entrée.

Ils préfèrent au cordon bleu ,

De Phonneur Pétoile sacrée.

Mon père à leur beau dévoûment

livra sa fortune et la mienne :

Ils auront tenu leur serment ,

Et cependant je suis à Tienne ! ^

Près du trône si tu grandis, Si je végète sans puissance, Confonds ces courtisans maudits, En leur rappelant ma naissance.

Dis-leur : (( Je puis avoir mon tour, » De mon cousin qu'il vous souvienne. » Tous lui promettiez votre amour, »^t cependant il est à Tienne ! »

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