‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 166 sur 206 · L'ÉPITAPHE DE MA MUSE · texte numérisé non relu

L'ÉPITAPHE DE MA MUSE

(SAINTE-PÉLAGIE

Jtir de Ninon' chez madame de Sévignë.

ou AirduYitaia.

Yenex tous , passans , venex lire Uépitaphc que je me fais.

J'ai chanté Pamoureux délire , Le vin , la France et ses hauts-faits.

Pai plaint les peuples qu^on ahuse ; Pai chansonné les gens du roi :

Béranger m'appelait sa muse. (5m.)

Pauvres pécheurs , priex pour moi ! (W».) . Priex pour moi ! priez pour moi ! »

Grâce à moi , qu'il rendit moins folle , D'^e gueux il se consolait, Lui qui des muses de l'école N'avait jamais sucé le lait, n grelottait dans sa coquille , Quand d'un luth je lui fis l'octroi.

De fleurs j'ai rempli sa mandille.

Pauvres pécheurs , priez pour moi !

Je l'ai rendu cher au courage Dont il adoucit le malheur.

En amour il fut mon ouvrage , J'ai pipé pour cet oiseleur.

À lui plui d'un cœur vint se rendre , Mais les oiseaux en feront foi :

J'ai fourni la glu pour les prendre.

Pauvres pécheurs , prier pour moi!

Un serpent... (Dieu! ce mot rappelle Que MarchaDgy rampa vingt ans ! ) Un serpeut qui fait peau nouvelle Dès que brille un nouveau printemps , Fond sur nous , triomphe et nous line Aux fers dont on pare la loi.

Sans liberté je ne peux vivre.

Pauvres pécheurs , priex pour moi !

Malgré l'éloquence sublime De Dupin , qui pour nous parla , N'ayant pu mordre sur la lime , Le hideux serpent l'avala .

Or, je trépasse , et, mieux instruite, Je vois l'enfer avec effroi :

Hier Satan s'est fait jésuite.

Pauvres pécheurs , prie* pour moi !

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