‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 178 sur 206 · LE MALADE · texte numérisé non relu

LE MALADE

(Avaiii i8a3.)

Air : Muse des bois , etc.

Un mal cuisant déchire ma poitrine ^

Ma faible voix s^éteint dans les doideuxs ,

Et tout renaît , et déjà Paubépîne

À TU PabeiUe accourir à ses fleurs.

Dieu d^un sourire a béni la nature ,

Dans leur splendeur les cieux vont éclater.

RcYiens , ma yoix , faible , mais douce et pnre,

n est encor de beaux jours à cbanter.

Mon Esculape * a renversé mon Terre y Plus de gaîté ! mon front se rembrunit. Mais vient Pamour et le mois qu'il préfère ; Déjà Poiseau butine pour son nid.

* Le célèbre docteur Daboi«, à qai l'antear d« ces chansons ne peut témoigner trop de reconnaisMncep et en qui les qualités du coeur égS" lent la science et l'étonnante habileté.

%7' Des Tolnptés le torrent ya g^épandre Sur Puniyers qui gemblait végéter.

ReTÎens, ma voix, faible , mais toujours tendre, Il est encor des plaisirs à chanter.

Pour mon pays que de chansons «icore ! D^un Uclie oubli yengeons les trois couleurs^. De nouveaux noms la France se décore ; jL Paigle éteint nous redevons des pleurs. Que de périls la tribune orageuse Ofire aux vertus qui Tosent affironter ! Reviens ma voix, faible, mais courageuse, Il est encor des gloires à chanter.

Puis j'entrevois la Liberté bannie^ Elle revient : despotes , à genoux !

Pour Pétouffer , en vain la Tyrannie Fait signe au Nord de déborder sur nous. L'ours effrayé regagne sa tannière, Loin du soleil qu'il voulait disputer.

Reviens , ma voix , faible , mais libre et fière , 11 est encor un triomphe à chanter.

Que dis-je , hélas ! oui , la terre s'éveille , Belle et parée , au souffle du printemps , Mais dans nos cœurs le courifge sommeille j

* A l'époque où celte chanson fut faite , on avait banni du salou de peinture les tableaux où M. Horace Vemet a si bien représenté les beaux faits d'armes de la révolution. On a senti eette année \v ridicule d'une pareille mesure.

•398 Chargé de fen , chacun se dit : ^attonds I La Grèce expire, et TEurope est tremblantei Seuls , nos pleors seuls osent se rëTolter ; Reriens , ma Toix , faible , mais consoluite y 11 est encor des martyrs à chanter.

Page 1