‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 179 sur 206 · LA COURONNE DE BLUETS · texte numérisé non relu

LA COURONNE DE BLUETS

Jir .' J'ai Tii partout dans mes voyages.

Du ciel j'arrive, et mon voyage Nous épargne à tous bien des pleart.

Beauté folâtre autant que sage , Ne joues plus avec des fleurs.

Sachez qu^hier , la panse ronde , Et Tœil obscurci par Bacchus, Jupin a cru , dans notre monde , Toir une couronne de plus.

A la colère il s'abandonne :

(( L'abus , dit-il , devient trop fort.

Encore un front que l'on couronne , Quand le faiseur de rois est mort.

Sur ce front lançons mon tonnerre j Du faible enfin vengeons les droits.

Je veux voir un jour sur la terre, Les rois sujets , les sujets rois. »

Dans son conseil alors j'arrive :

(Où les rimeurs n'entrent-ils pas ! ) En joue il tous met sans qui vive j

Mais je l'abonle chapeau baa :

(( Japin , de ton arrêt j'appelle.

Ta balance et tes poi^â sont £aiiz.

Ta cour de justice étemelle À-t-elle eu ses gardes-des-scean^?

n Braque tes lunettes , Tiens sire, Sur le front couronné par nous ; De la candeur cVst le sourire , De la bonté c'est Tœil si doux.

Lorsque les carreaux de son foudre Chez nos sourds passent pour muets , Jupin ne meltrait-il en pondre Qu'une couronne de bluets? »

u Ob ! ob ! ditril; qu'allais>je faire! Ailleurs frappons , mon foudre est cbaud. — Frappe } mais sur notre hémisphère Vise donc plus bas ou plus haut. »

Heureux d'ayoir su tous défendre, J'accours des célestes donjuns j Quant à Jupin , je Tiens d'apprendre Qu'il a foudroyé deux pigeons.

Page 1