‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 18 sur 206 · AINSI SOIT-IL · texte numérisé non relu

AINSI SOIT-IL

(,8ia.)

Mr : Allelaia.

Je suis deTÎn, mes cliers amis j L'avenir qui nous est promis Se découvre à mon art subtil.

Ainsi soit-il !

Plus de poète adulateur; Le puissant craindra le flatteur ; Nul courtisan ne sera vil.

Ainsi soit-il !

Plus d'usuriers , plus de joueurs , De petits banq[uiers grands seigneuis , Et pas un commis incivil.

Ainsi soit-il!

L'amitié, cbarmc de nos jours,

Ne sera plus un froid discours

Dont l'infortune rompt le fil.

Ainsi soit-il !

La fille , novice à quinze ans , A dix-huit , avec ses amans N'exercera que son babil.

Ainsi soit-il !

Femme fuira les yains atours j Et son mari, pendant huit jours Pourra s'absenter sans péril.

Ainsi-soit-il !

L'on montrera dans chaque écrit Plus de génie et moins d^esprit , Laissant tout jargon puéril.

Ainsi-8oit-il !

L'auteur aura plus de fierté, L'acteur moins de fatuité; Le critique sera civiL Âinsi-soitr-il !

On rira des erreurs des grands , On chansonnera leurs agent , Saos Toir arriver l'aleuaziL iinsi-soit-il!

En France enfin reilaît le goût; La justice règne partout.

Et la Térité sort d'exil.

Ainsi-soit-il !

Or, mes amis, bénissons Dieu, Qui met chaque chose en son lieu :

Celles-ci sont pour l'an trois mil.

Ainsi-soit-il!

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