‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 198 sur 206 · MON ENTERREMENT · texte numérisé non relu

MON ENTERREMENT

Air t Qaaud on ne dort pas de la nuit. ( de Lisbeth. )

Ce matin , je ne sais comment ,

Je Tois d'Amours ma cbambre pleine ;

J^étaÎB couclié , sans mouTement.

11 est mort, disaient-ils gaiment ,

De l'inhumer prenons la peine.

Lors je maudis entrfe mes draps

Ces dieux que j'aimais tant à suiTTê.

Amis , si j'en crois ces ingrats ,

Plaignci-moi (Jis), j'ai cessé deviyre. (W».)

De mon yin ils prennent leur part, Ils caressent ma chambrière :

L'un Tcut guider le corbillard , Et l'autre , d'un ton nasillard , Me psalmodie une prière.

Le plus grare ordonne à l'instant Tingt galoubets pour mon escorte :

43<^ Mais déjà U Toiture attend.

Plaignet-moi , Toilà qa^on m'emporte.

Gamant , riant , faisant de» leurs , Les Amours suivent sur deux lignes^ Le drap , où Pargent brille en pleurs y Porte un Terre , un luth et des fleurs ^ De mes ordres joyeux insignes.

Maint passant, qui met chapeau bas , Se dit : Triste ou gai , tout succombe ! Les Amours font bâter le pas.

PlaignexF-moi , j'anÎTe à ma tombe.

Mon cortège , au lieu de prier , Cbante U mes Ters les plus lestes.

Grâce au ciseau du marbrier , Une couronne de laurier Ta d^orgueil enivrer mes restes.

Tout redit ma gloire en ce lieu , Qui bientôt sera solitaire :

Amis , j^allais me croire un dieu , Plaignes-moi , voilà qu'on m'enterre.

Mais d^sTcnture , en ce moment , Par-là passait mon infidelle ; Lise m'airacbe au monument :

Puis encor , je ne sais comment , Je me sens renaître auprès d'elle.

De la Tie et de ses douceurs , Tous qu'à médire l'âge excite , Tons du monde éternels censeurs Plaignex-moi , car je ressuscite.

43i LE POÈTE DE COUR.

COUPLETS POUR LA FÊTB DE BiAMB***.

Jir de la Treille de sincérité.

On achète Lyre et musette :

Comme tant d^autres , à mon tour , Je me fais poète de cour. (bis,)

Te clianteT encore , ô Marie !

Non Traiment , je ne l'ose pas.

Ma muse enfin s'est aguerrie , Et yers la cour tourne ses pas. C^*) Je gage , s'il naît un Toltaire , Qu'on emprunte pour l'aclieler.

Prêt à me rendre au ministère , Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette; Gomme tant d'autres k mon tour , Je me fais poète de cour.

Ce que je dirais pour te plaire Ferait rire ailleurs de pitié :

L'amour est notre moindre affaire ,

Les grands ont banni Pamitié.

On siffle le patriotisme j Ce qu^ott sait le mieui; , c^est compter. J'adresse une ode À J'égoïsme , Fonr toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette; Comme tant d'autres , à mon tour , Je me fais poète de cour.

Je crains que ta Toix ne m'inspire L'éloge des Grecs valeureux , Contre qui l'Europe conspire Pour ne plus rougir devant eux.

En Tain ton ame généreuse , De leurs maux se laisse attrister , Moi , je chante l'Espagne heureuse, Four toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ; Gomme tant d'autres , à mon tour, Je me fais poète de cour.

Dans mes calculs , Diea ! qiMl déboire Si de ton héros je parlais !

Il nous a légué tant de gloire , Qu'oii est embarrassé du legs.

Lorsque ta main pare son buste De lauriers qu'on doit respecter , J'encenss une personne auguste , Ponr toi je ne puis plus chanter.

On achète

Lyre et mutette ; Gomme tant d'antres , à "mon tonr, Je me fais poète de conr.

Ponrquoi donter, clière Marie , Que ton ami cliange à ce point? Liberté , gloire, Honneur, patrie , Sont des mots qu''on n^escompte point.

Des chants pour toi sont la satyre Des grands que j'apprends à flatter.

Non , quoique mon cœur veuille dire , Pour toi je ne puis plus chanter.

On achète Lyre et musette ; Gomme tant d'autres, à mon tour, Je me fais poète de cour.

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