OCTAVIE
Air des Comédieni.
ou du rondeau de [Miller, intitulé t Un lourde
jardin.
Tiens parmi nous , qui brillons de jeunesse , Prendre un amant , mais couronné de fleurs ; Tiens sous l'ombrage , où , libre ayec i La volupté seule a versé des pleurs.
Ainsi parlaient des enfans de l'empire À la beauté dont Tibère est charmé.
Quoi ! disaient-ils, U colombe soupire ! Au nid sanglant du yautour aiFanié !
Belle Octayie , à tes fêtes splendides ,
Dis nous , la joie a-t^elle jamais lui ?
Ton char, traîné par deux coursiers rapides ,
Laisse trop loin les amours après lui. i
Sut un yieux maître , aux romains qu^elle outra^ | Tant dVpulence annonce ton crédit ; Nais sous la pourpre on sent ton esclayage; Et , tn le sais , PesclaTage enlaidit.
Marche aux accords des lyres parasites ; Que par les grands tes voeux soient épiés; Déjà , dit-on , nos prêtres hypocrites Ont de leurs dieux mis Tencens à tes pieds.
Mais , à la cour , lis sur tous les visages, ' Traîtres , flatteurs , meurtriers , vils faquins. DUmpurs ruisseaux, gonflés par nos orages, Font déborder cet égout des Tarqnins.
Tendre Octayie , ici rien n^efiaroucbe Le dieu qui cède à qui mieux le ressent. Ne livre plus les roses de ta bouche Aux baisers morts d^un fantôme impuissant.
Tiens parmi nous , qui brillons de jeunesse , Prendre un amant , mais couronné de fleun. Tiens sous l'ombrage, où, libre avec ivresse, La volupté seule a versé des pleurs.
Accours iei purifier tes c1iann«fl :
Les délateurs respectent nos loisirs.
Tous A leur prince ont prédit que nos Se rouilleraient à Tombre des plaisirs.
Sur les coussins où la douleur rencbaînei Quel mal, dis-tu, vous fait ce roi des rois? Yois-le'd^un masque enjolÎTcr sa Kaine , Four étouffer notre gloire et nos lois.
Vois ce cœur faux, que cherchent tes caresses, De tous les siens n'aimer que ses aïeux : Charger de fers les muses vengeresses , £t par ses mœurs nous révéler ses dieux.
Peins-nous ses feux, qu'en secret tu redoutes, Quand sur ton sein s'exhale son nectar, Ses feux infects dont sHndignent les voûte» Où plane encor l'aigle du grand César.
Ton sexe faible est oublieux des crimes : Mais , dans ces murs ouverts à tant de peurs. N'entends-tu pas des ombres de victimes Mêler leurs cris à tes soupirs trompeurs?
Sur le tyran et sur toi le ciel gronde ; Avec les siens ne confonds plus tes jours. Ah ! trop SQUventla liberté du monde A d'un long deuil afiligé les Amours.
Tiens parmi nous , qui brillons de jeunesse, Prendre un amant , mais couronné de fleurs ;
YitnÈ »ous Pombrage , où , libre avec WreM*^ La Toluplé seule a versé de» pleurs.