‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 35 sur 206 · VOYAGE AU PAYS DE COCAGNE · texte numérisé non relu

VOYAGE AU PAYS DE COCAGNE

Mr .* Contredanse de la Rosière \ ou , L'ombre s'évapore.

Ah! Ters une rive Où sans peine on Tiye , Qui m'aime me suive !

Toyageons gaîment.

Ivre de Champagne, Je bats la campagne, Et Tois de Cocagne Le pays channant.

Terre chérie ,

Sois ma patrie :

QuHei je rie Du sort inconstant.

Pour moi tout change :

Bonheur étrange !

Je bois et mange Sans un sou comptant.

Mon appétit s^ouvre , Et mon œil découvre Les portes d'un Louvre £n tourte arrondi ; Tj vois de gros gardes , Cuirassés de bardes, Portant hallebardes , De sucre candi.

Bon Dieu , que j'aime Ce doux système !

Les canons même

De sucre sont faits.

Belles sculptures , Riches peintures Bn confitures

Ornent les buffets.

Pierrots et Paillasses , Beaux-esprits cocasses , Charment sur les places Le peuple ébahi , Pour qui cent fontaines ,

An lieu d'eanx malstinef , Yenent. , toujours pleinea , Le Beaane tt PAT.

Des gens enfournent, D'autroi défonrnent j Aux broches tournent

Teau , bœuf et mouton.

Des lois de table L^ordre équitable De tout coupable

Fait un marmiton.

Dans un palais j'entre , Et je m*assieds entre Des grands dont le tentre Se porte un défi ^ Je trouve en oe monde, Où la graisse abonde , Vénus toute ronde Et Tamour bouffi.

Nul front sinistre, Propos de cuistre , Airs de ministre

N'j sont point permis.

La table est mise , La obère exquise j Que l'on se grise ,

Trinquons , mes amis !

Mais parlons d'affaires.

Beautés peu sèTëres ,

Qu'au douxbniit des Terres , D'un dessert friand, On chante et Ton dise Quelque gaillardise Qui nous scandalise En nous égayant.

Quand le rin tape

L'époux qu'on drape ,

Que sur la nappe 11 s'endorme à point.

De femme aimable

Mère intraitable,

Ab ! sous la table Ne regardez point.

Folle et tendre orgie !

. La face rongie, La panse élargie , /

Là, cbacnn est roi :

Et quand l?beure invite JL gagner son gîte, L'on rentre bien TÎte Ailleurs que cbez soi.

Que de goguettes!

Que d'amourettes !

Jamais de dettes ; Point de nœuds constans.

Entre l'ivresse Et la paresse ,

Notre jenncMe y« jusqu'à cent ans.

Oui , dans ton empire y Cocagne , on respire...

Mais qui yient détruire Ce rère enchanteur ?

Amis , j'en ai honte, C'est quelqu'un qui monte Apporter le compte Du restaurateur.

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