‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 46 sur 206 · LA CENSURE · texte numérisé non relu

LA CENSURE

CBAirSON QUI COURUT MANUSCRITE àXJ MOIS d'août 1814.

Air : Qu'est-ce que ça m* fait à moi î

Que , sous le joug des libraires , On lirre encor nos auteurs Aux censeurs, anx inspecteurs , Rats-de-caye littéraires j Riet-en ayec moi.

Ah ! pour rire Et pour tout dire, 11 n'est besoin , ma foi , D'un priyilége du roi !

L'état ayant plus d'un membre Que la presse eût fait trembler, Qu'on ait craint son franc-parler Dans la chambre et l'antichambre y

Riez-en arec moi.

Ali ! pour rire Et pour tout dire , Il n'est besoin , ma foi , D'an pri-rilége du roi !

Que cette chambre sensée Laisse avec soumission , Sortir la procession Et renfermer la pensée :

Riez-en avec moi.

Àh ! pour rire Et pour tout dire, Il n'est besoin , ma foi , D'un privilège du roi!

Qn'un censeur bien tyrannique De l'esprit soit le geôlier , Et qu'ayec son prisonnier Jamais il ne communique j Riez-en avec moi.

Xh ! pour rire Et pour tout dire , tl n'est besoin , ma foi , D'un privilège du roi !

Quand déjà l'on n'y voit guère , Quand on a peine à marcher , En feignant de la moucher, Qu'on éteigne la lumière; Riezr-en avec moi.

Ah ! pour rire

Et pour tout dire , Il n^est besoio , ma foi , D'un privilège ^n roi î

Qu'un ministre qui s'irrite Quand on lui fait la leçon , Lise tout bas ma chanson Qui lui parvient manuscrite ; Riez-en avec moi.

Ah ! pour rire Et pour tout dire , Il n'est hesoin j ma foi , D'un privilège du roi !

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