CHANSON AVEC ACCOMPAGNEMENT DE GESTES
Air : Ah ! ah ! qu'elle est bien !
Malheureuse avec deux maris , Au troisième enfin je commande.
Jean est grondeur, mais je m'en ris j Il est tout petit, je suis grande.
Sitôt qu'il fait un peu de bruit , Je lui mets son bonnet de nuit.
Yli , vlan , taisez-vous , Lui dis-je, ou que je vous entende...
Yli, vlan, taisez-vous...
Je me venge de deux époux.
Six mois aprèt des nœuds si doux ^ Et les affaires arrangées, T*en eus deux fiUcs, quVntre nous, De trois mois Ton dit plus Agées.
Au baptême Jean fit du train.
Car Léandre était le parrain.
Tli , vlan , taisez-vous , Jean , tous n^aurez point de dragées.
Tli , ylan , taisezp-vous j Je me yenge de deux époux.
Léandre me fait lui prêter
De Targent , qu^il rend Dieu sait comme!
Jean, qui travaille et sait compter,
S^apercoit qu'on touche à la somme.
Hier, il dit qu'on Fa volé j
Moi, du trésor je prends la clé.
Vli , vlan , taisez-vous j Plus d'argent pour vous , petit homme !
Yli , vlan , taisez^vous ; Je me venge de deux époux.
Léandre un soir était chez moi :
A neuf heures mon mari frappe.
Je n'ouvris point , l'on sent pourquoi :
Mais, à minuit , Léandre échappe.
Il gelait , et Jean morfondu
A la porte avait attendu.
Yli, vlan , taisez-vous; Quoi! monsieur croit-il qu'on l'attrape?
Tli , ylan , taisez-vous; Je me venge de deux époux.
Mais à mon tour je le surpris Ayec la vieille Pétronille.
D'un doigt de vin il était gris :
Il la trouvait fraiche et gentille; Sur ses deux pieds il se dressait , Et le menton lui caressait.
Tli , vlan , taisez-vous ; Vous sentei le vin et la fille :
Tli , vlan , taisCE-vous ; Je me venge de deux époux.
Jean peut briller entre deux draps, Malgré sa cliétive apparence ; Léandre fait plus d'embarraSi Mais a beaucoup moins de vaillance.
Lorsque Jean veut se reposer , S'il me plaît en cor d'en user.
Vli , vlan , taisex-vous ; Et vite , que l'on recommence j
Tli , vlan , taises-vous ; Je me venge de deux époux.