‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 48 sur 206 · VIEUX HABITS, VIEUX GALONS · texte numérisé non relu

VIEUX HABITS, VIEUX GALONS

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RBFLEXIOHS MOMALES ET POLITIQUES d'to XARCHAHD d'hABÏTI DB jjl CAVITAIB.

(VOVBMMBX l8l4.)

Mr du vaudeville des deux Edmond.

Toutmarchandad'haWls que nous tommes, Megsieurg, nous obseirons les hommes • D un bout du monde à l'autre bout

L'habit fait tout.

Dans les changêmans qui sumeni^ent, JLes dépouiUes nous appartiennent :

i oujours ep grand nous calculons.

Vieux habits! Tienx galons!

Parfois en lisant la Gaxette, Comme tant d'autres, je regrette Vue tout Français n'ait pas gardé

L'habit brodé.

Mais j'en crois ceux qui s> connaissent : Les apciens préjugés renaissent:

Ou Ta quitter les pantalons, l^ieux habits! yieux galons !

Les modes et la politique

Ont cent fois rempli ma boutique j

Combien on ûoit à leurs travaux

D'habits nouveaux!

Quand de nos déesses civiques On met en oubli les tuniques ^^ Aux passans nous les rappelons.

Vieux habits ! vieux galons !

Un temps fameux par cent batailles Mit du galon sur bien des tailles ; De galon même étaient couverts

Les habits verts.

Mais sans le bonheur point de gloire ! Nous seuls, après chaque victoire, Nous avions ce que nous voulions.

Vieux habits ! vieux galons !

Nous trouvons aussi notre compte Avec tous les gens qui , sans honte , Savent, dans un retour subit ,

Changer d'habit.

Les valets , troupe chamarrée , Troquant aujourd'hui leur livrée , Que d'habits bleus nous étalons !

Vieux habits ! vieux galons !

Les défenseurs de nos grands pères, Sortant de leurs nobles repaires, Reprennent enfin à leur tour

L'habit de cour.

Chex nous retrouvant leurs costumes , Avec talons rouges et plumes, Ils Yont régner dans les salons.

Vieux habits ! vieux galons !

Sans nul égard pour nos scrupules , Si la foule des incrédules Hit au nombre de ses larcins

L^babit des saints , An nex de plus d^un pbilosopbe Je yais en revendre l'étoffe 3 De piété nous redoublons.

Yienx babits ! TÎeux galons !

Long-temps yantés dans cbaque ouTrage , Des grands qu^aujourd'bui Ton outrage , Portent au fond de leurs manoirs

Des babits noirs.

Mais , grâce à nous , yont reparaître Ces manteaux qu'eux-mêmes, peutp-étre, Trouyaient bien pesans et bien longs.

Tieux babits ! yieux galons!

De m'enricbir l'ai Passurance :

L'on fêtera toujours en France , En yille , au tbéàtre , à la cour ,

L'babit du jour.

Gens yêtus d'or et d'écarlate, Pendant un mois cbacun yous flatte :

Puis à y os portes nous allons.

Tienx biabits ! yienx galons !

S2tmm

LIÇ NOUVEAU DIOGÈNE.

(avrii. i8i5,)

Air : Bon voyage, cher DumoUet!

Diogène , Sous ton mantean , Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène , Sous ton manteau, Libre et content , je roule mon tonneau.

Dans Teau , dit-on , tu puisas ta rudesse : Je n^en bois pas , et , censeur plus joyeux y En moins d^un mois , pour loger ma sagesse , J'ai mis à sec un tonneau de vin yieux. Diogène ,

Sons ton manteau , Libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène,

Sous ton manteau , Libre et content, je roule mon tonneau.

Où je suis bien , aisément je séjourne ; Mais comme nous les dieux sont inconsUns. Dans mon tonneau , sur ce globe c[ui tourne , Je tourne a^ec la fortune et le temps. Diogène , Sous ton manteau , Libre et content , je ris et bois sans gêne.

Diogèae,

Soas ton mantetu , Libre et content , je roule moA tonileau.

Pour les partis , dont cent fois j'osai rire, Ne poayant Atre un utile soutien , Devant ma tonne on ne Tiendra pas diro : Pour qui tien»>tu, toi qui ne tiens à tien ? Diogëne ,

Sons ton manteau , Libre et content , je ris et bois sans gène. Diogène ,

Sons ton manteau , Libre et content ^ je roule mon tonneau.

Paime à fronder les préjugés gothiques , Et les cordons de toutes les couleurs ; Mais , étrangère aux excès politiques , Ma Liberté n'a qu'un chapeau de fleurs. Diogène ,

Sous ton manteau , libre et content, je ris et bois sans gène. Diogène ,

Sous ton manteau , Libre et content, je roule mon tonneau.

Qu'en un congrès se partageant le monde Des potentats soient trompeurs ou trompés , Je ne vais pas demander à la ronde Si de ma tonne ils se sont occupés.

Diogène, • Sous ton manteau ,

Libre et content , je ris et bois sans gène. Diogène , Sous ton manteau , Libre et content , je roule mon tonneau.

N'ignorant pas où conduit la satire, Je fuis des cours le pompeux appareil : Des Tains honneurs trop enclin à médire , Auprès des rois je crains pour mon soleil.

Diogène , Sous ton manteau , Libre et content, je ris et bois sans gène.

Diogène , Sous ton manteau , Libre et content , je roule mon tonneau.

Lanterne en main , dans rÀtbàies moderne , Chercher un homme est un dessein fort beau; Mais quand le soir voit briller ma lanterne, C'est qu^aux amours elle sert de flambeau. Diogène ,

Sous ton manteau , Libre et content , je ris et bois sans gène. Diogène ,

Sous ton manteau , Libre et content , je roule mon tonneau.

Exempt d'impôt, déserteur de phalange, Je suis pourtant assez bon cito jeu :

Si les tonneaux manquaient pour la vendange, Sans murmurer je prêterais le mien.

Diogène,

Sous ton mantean, Lilve et content , je ris et bois sans gène , Diogèoe,

Sous ton mantean , libre et content , je roule mon tonnean.

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