‹ Chansons de Béranger (volume 2)Chapitre 57 sur 206 · MON CURÉ · texte numérisé non relu

MON CURÉ

CHAirsoir QUI n'est point a lusage des

GENS INTOLÉEANS.

Ak' : Un chanoine de i'Auxerrois.

Le curé de notre hameau S'empresse à yidèr son tonneau,

Pour (£uand Tiendra l'automne.

Bénissant Dieu de ses présens, A sa nièce , enfant de seize ans ,

Il dit parfois : Mignonne,

GacHe-moi bien ce qu'on fera :

Le diable aura ce qu'il pourra.

Eb ! ion , ion , zon ,

Baise-moi , Suzon ,

Et ne damnons personne.

Fait pour chasser les loups gloutons, Dois-je essayer sur les moutons

Si ma boulette est bonne ?

Non, mais à mon troupeau je dis :

La paix est un vrai paradis

Qu'ici-bas Ton se donne.

Surtout j'ai soin , tant qu'il se peut, De ne prêcher que lorsqu'il pleut.

Eh! zon, zon, zon, Baise-moi, Suzon,

Et ne damnons personne, ^

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Les dimanches , point ne défends La joie à ces pauvres enfans ;

J'aime alors qu'on s*cn donne.

Du chœur, où seul je suis souvent^ Je les entends rire en buTant

Chez la mère Simonne ; Ou , j'y cours même , s'il le faut , Les prier de chanter moins haut.

Eh ! zon , zon , zon y Baise-moi , Suzon ,

Et ne damnons personne.

Sans jamais en rien pubfier Je Tois s'enfler le tablier

De pins d'une friponne.

S'éponse-t-on six mois trop tard, Faut-H baptiser an bâtard ,

C'est le ciel qui l'ordonne.

Les plaintes fort peu me siéraient ; Le ciel et Suzon en riraient.

Eh ! zon , zon , zon , Baise-moi, Suzon;

Et ne damnons personne.

Notre maire , nn pen mécréant , A maint sermon répond : Néant.

Mais que Dieu lui pardonne !

Depuis qu'à sa taUe il m'admet , Pai su qu'^à deux mains il semait ,

Sans bruit faisant l'anmône.

Or, la grâce ne peut faillir :

Puisqu'il sème il doit recueillir.

01 î zon , xon , zon , Baise-moî , Snzon , Et ne daihnons personne.

Je préside à tons les banquets ; À ma tèVi fai des bonqnét» ,

Et l'on reuif^t ma tonne.

Mon éTêque, triste et bigot , Prétend que je sens le fagot ;

Mais poar qu^ln jour ^ mignonne, J^aiUe où les anges font leurs nids Revoir tous ceux que j'ai bénis.

Eh ! son , zon , son , fiaise-moi, Suxon.

Et ne damnons personne*

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